Sylvie
Tolmont


Députée de la Sarthe
4e circonscription


28 février 2019

Mon action pour les salariés de TE CONNECTIVITY

L’entreprise CKB TE CONNECTIVITY est un centre d’excellence mondial du groupe TE pour la conception et la fabrication de connecteurs dans le domaine du ferroviaire et de l’offshore (extraction de pétrole et de gaz en milieu sous-marin). Elle compte des clients historiques tels que la SNCF, la RATP et ALSTOM.

Le 10 janvier dernier, les salariés de cette entreprise située à Allonnes, ont appris brutalement la mise en œuvre d’un Plan de Sauvegarde de l’Emploi (PSE). Selon ce plan, 140 postes sur 161 devaient être supprimés. Les activités ferroviaires et offshore doivent respectivement être délocalisées en Pologne et au Texas. 

Il est indéniable que cette société avait, les années précédentes, rencontré des difficultés (plan de départ volontaire ; chômage partiel ; prêt de personnels avec la société RENAULT). Toutefois, depuis 2018, elle présentait des indicateurs d’activité tout à fait positifs. Aussi, la société avait vu son carnet de commande se remplir et son chiffre d’affaire augmenté. L’accroissement d’activité s’était également traduit par des embauches en CDD et CDI mais aussi par l’embauche d’intérimaires. Des projets innovants étaient menés et un investissement à hauteur de 1,2 million d’euros avait été injecté pour le secteur de l’usinage.

Cette décision, loin de s’expliquer par de réelles difficultés financières, apparait bien plus relever d’une stratégie d’optimisation des bénéfices.

C’est pourquoi l’annonce brutale, s’inscrivant à la suite du placement en redressement judiciaire des usines ARJOWIGGINS de Saint-Mars-la-Brière et de Bessé-sur-Braye, a généré l’incompréhension et la colère des salariés.

Le soir-même de l’annonce du PSE, j’étais aux côtés des représentants. J’ai pu mesurer le désarroi de ces salariés qui avaient été manifestement maintenus dans la croyance que leur société était repartie sur la bonne voie. J’ai également pu mesurer l’impact que constituait cette suppression pour les salariés et pour l’avenir du territoire concerné.

C’est pourquoi le lendemain, j’adressais un courrier à M. Bruno LE MAIRE, Ministre de l’économie et des finances. J’ai reçu une réponse, de pure forme, le 6 mars suivant. 

J’ai, également, interrogé le Gouvernement par le biais d’une question orale en date du 29 janvier dernier. La réponse apportée par M. MAJHOUBI, Secrétaire d’Etat chargé du numérique, M. LE MAIRE étant encore absent, ne laissait peu de doute sur les intentions du Gouvernement en la matière : aucune. Confirmant l’existence de manquements de l’entreprise, puisqu’elle n’avait pas respectée certaines obligations conditionnant l’octroi d’aides publiques, ce dernier s’est contenté d’une réponse purement formelle, démontrant, s’il en était besoin, l’impuissance, voire le manque de volonté de ce gouvernement à réguler ce type de pratiques.

Après avoir interpellé directement les dirigeants internationaux du groupe afin qu’ils s’expliquent devant les élus, j’ai sollicité une réunion à la Préfecture de la Sarthe. De cette réunion, qui s’est tenue le 22 février dernier, il ressort que, malgré une bienveillance affichée, les dirigeants du groupe font peu de cas des répercussions humaines de leur décision, de la préservation de compétences et de savoir-faire d’excellence ainsi que, plus globalement, des répercussions économiques et sociales sur notre territoire. En effet, les seules justifications avancées ne relèvent que du « business », de la recherche de profit et de la seule dimension économique, pour ne pas dire financière. Plus grave encore, il apparaît que le groupe bloque toute possibilité de reprise en conservant le bureau d’étude sur le site. Il serait facile d’en déduire, qu’au-delà de la reconnaissance de la qualité des ingénieurs, il y a là une stratégie pour bloquer la concurrence et ne pas perdre ainsi des parts de marché.

J’ai alors demandé que le Groupe TE soumette une proposition afin de garantir une reprise des emplois et en ai appelé à la responsabilité de l’Etat.

Finalement, la situation a évolué par l’annonce, le mardi 26 février, par la direction du site, que 75 emplois seraient conservés sur le volet offshore puissance (au lieu des 26 initialement annoncés et correspondant au seul bureau d’étude). Cette situation s’explique, sur le plan économique, par une entrée de commandes sur ce volet jamais vue depuis 2013, le carnet de commande étant en effet passé de 5 millions à 26 millions d’euros.

Tout ceci est révélateur d’une précipitation blâmable du groupe TE CONNECTIVITY et remet en cause « l’argument » économique qui justifiait le recours aux licenciements.

Rappelons ici qu’une note interne du groupe faisait état d’une augmentation du chiffre d’affaire à hauteur de 2% pour le premier trimestre de l’exercice 2019, et ce, malgré la baisse de production automobile et le ralentissement de l’économie mondiale. De plus, cette note indiquait que le groupe avait intégré la liste des 100 meilleurs innovateurs mondiaux pour la huitième année consécutive et le classement fortune des entreprises les plus admirées au monde pour la deuxième année consécutive.

Je reste donc attentive, avec les autres élus s’étant investis sur ce dossier, pour le respect des droits des salariés, la sauvegarde de leurs savoir-faire et, plus globalement, la préservation des intérêts nationaux.


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