Sylvie
Tolmont


Députée de la Sarthe
4e circonscription


05 mars 2019

Le maintien d’une classe à l’école Maurice Cantin d’Auvers-le-Hamon

Selon les chiffres transmis par le recteur de la région académique Pays de la Loire, la Sarthe prévoit une baisse d’effectifs de – 847 élèves. Cette baisse conduit, par conséquent, à une suppression de 10 postes dans le premier degré.

Compte tenu de cette perte de dotation, et afin de faire face au dédoublement obligatoire des CE1 en éducation prioritaire, la directrice académique a déclaré adopter, pour l’établissement de la carte scolaire, de « nouveaux critères qualitatifs », s’éloignant, en conséquence, de l’analyse traditionnellement retenue et fondée sur l’existence de seuils. Selon cette dernière, cette nouvelle méthodologie devrait conduire à porter une « attention particulière aux écoles situées dans l’espace rural, notamment au sein des communes labellisées « zone de revitalisation rurale » » et aussi de « la situation des écoles de petites tailles ou accueillant un grand nombre de familles en situation de grande pauvreté tant en zone rurale qu’urbaine et hors éducation prioritaire ».

Finalement, à l’issue du Conseil Départemental de l’Education Nationale (CDEN) qui s’est tenu le 26 février dernier, la seconde mouture du projet de carte scolaire a été entérinée, et ce, malgré la ferme opposition des syndicats.

Si j’entends l’argument d’une baisse des effectifs (-847 élèves) et la nécessité de faire face au dédoublement obligatoire des CE1 en éducation prioritaire, je ne saurais accepter que cela se fasse au détriment des écoles rurales. La perte de dotation en termes de professeurs dans la Sarthe (- 10 postes) se concilie mal avec les grandes déclarations d’intention du Gouvernement, génère une tension entre les écoles et les communes et, au final, ne répond pas aux attentes exprimées par la communauté éducative.

La méthode utilisée par la Directrice académique est également à surveiller. Je crains que celle-ci conduise à une forme d’arbitraire dans la sélection retenue.

Sur la situation spécifique de l’école Maurice Cantin, si je peux comprendre le recours à des critères qualitatifs, je déplore une définition unilatérale de ces critères qui aboutissent, dans les faits, à une rupture d’égalité entre les établissements. Après une étude attentive de la situation, j’en arrive à la conclusion que, sur les fondements tant qualitatifs que quantitatifs, il y aurait tout lieu de conserver la classe menacée de cette école.

Cette situation est d’autant plus insupportable que je suis consciente de l’engagement des élus locaux dans le sens de la valorisation du territoire et de la préservation du service public de l’éducation. En effet, un grand nombre de communes a investi dans leurs établissements scolaires. C’est, par exemple, le cas de la commune d’Auvers-le-Hamon précitée qui a assumé, récemment, le coût de l’extension de son école ainsi que la réhabilitation de la cantine municipale, pour un total en investissement de 630.000 euros.

Cet engagement d’élu n’est pas isolé puisqu’il ressort des résultats apportés à un questionnaire transmis aux communes par deux sénateurs sarthois que le montant des investissements sur les cinq dernières années représente 5,3 millions d’euros (cf. article du Maine Libre en date du 27 février 2019).

Je ne peux me résoudre à voir détricoté ce qui avait été fait dans le cadre du précédent quinquennat et qui avait permis de voir se développer plus de 300.000 emplois en contrats aidés dans le domaine de l’éducation nationale et l’institution du programme « plus de maîtres que de classes ».

A l’heure de l’affichage des grandes déclarations d’intention par le Gouvernement, à travers son projet de loi de la « confiance », je ne peux que noter le décalage par rapport aux mesures effectivement prises sur le territoire.


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