Sylvie
Tolmont


Députée de la Sarthe
4e circonscription


15 avril 2019

Les effets potentiellement néfastes des champs électromagnétiques sur la santé des élevages

Par le biais d’une question orale sans débat, j’ai souhaité attirer l’attention du ministre de l’agriculture et de l’alimentation sur les problèmes induits par les phénomènes électriques parasites produits par les champs électromagnétiques auxquels des éleveurs de la Sarthe et d’autres départements imputent des effets néfastes sur la santé et le rendement de leur élevage.

En effet, un couple d’éleveurs de ma circonscription m’a alerté sur le sujet. Ces derniers ont commencé à développer de fortes migraines et des insomnies récurrentes alors que cela ne s’était jamais produit auparavant. Des symptômes sont également apparus sur leur bétail avec une baisse de la productivité et de la fertilité.

Par exclusion successive des causes possibles de ces maux, il a finalement été établi que l’origine du problème pourrait provenir de l’implantation, concomitante à l’apparition des symptômes, d’une antenne-relais à proximité de leur exploitation. L’aggravation de ces symptômes a également correspondu à l’augmentation de la puissance de l’antenne avec le passage de la 3G à la 4G.

Finalement, il s’est avéré que ce cas n’était pas isolé. L’histoire de ce couple a conduit l’APEM (Association de protection de l’environnement malicornais) à regrouper et à apporter son aide à l’ensemble des agriculteurs impactés. Des éleveurs ont été recensés dans la Sarthe, la Mayenne, l’Orne et également dans l’Eure-et-Loir.

Une réunion a été organisée le 8 février 2019 à l’occasion de laquelle des témoignages poignants de certains éleveurs ont pu être entendus. Lorsqu’ils font état de ce type de problème, les éleveurs sont souvent renvoyés à leur propre responsabilité. Ils se trouvent fréquemment dans un état de détresse morale. Les opérations d’expertise, visant à déterminer l’origine du problème, les acculent, petit à petit, à la ruine financière.

La question n’est pas nouvelle et a déjà fait l’objet de nombreux rapports parlementaires. Le nœud gordien reste l’établissement de la preuve d’un lien de causalité entre l’antenne relais et les symptômes développés par les animaux. Loin de remettre en cause la nécessité d’assurer une couverture numérique du territoire, et notamment avec le développement prochain de la 5G, il appartient à l’État de s’interroger sur les potentiels impacts que ce développement pourrait entraîner sur l’élevage français.

Aussi, je demandais qu’un état des lieux soit réalisé sur ces phénomènes et interrogeais le gouvernement sur les mesures qu’il compte mettre en place afin d’apporter des solutions concrètes à ces éleveurs qui se trouvent dans une situation de souffrance.


La réponse qui m’a été formulée par la Ministre des Transports, Madame Elisabeth BORNE, a été extrêmement décevante.  En effet, celle-ci ne rappelait, en substance, que l’existence du GPSE (Groupe de travail Permanent sur la Sécurité Electrique). 

Il nous apparaît évident, au contraire, que le GPSE n’a pas apporté de réponse satisfaisante aux faits que j’évoquais dans ma question. En effet, si le GPSE suffisait à régler ce type de difficultés nous n’observerions pas autant de témoignages similaires et concordants !

Par ailleurs, je constate que des critiques ont régulièrement été émises contre ce GPSE. En ce sens, je retiens les conclusions du rapport de 2010 du sénateur Daniel RAOUL qui lui reprochaient son triptyque aide-secret-renonciation, son manque de transparence, d’indépendance et de neutralité. 

Je fustige la passivité du Gouvernement en la matière qui abandonne nos éleveurs dans un état de détresse morale et financière.


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