Sylvie
Tolmont


Députée de la Sarthe
4e circonscription


13 juin 2019

Mon vote contre le discours de politique générale du Premier ministre

Redevenue députée en juillet 2018, je n’étais pas en responsabilité lorsque l’actuelle majorité est arrivée à l’Assemblée nationale et n’ai donc pas eu à me prononcer lors du premier discours de politique générale d’Édouard Philippe.

Après deux ans d’exercice du pouvoir et des résultats révélateurs aux dernières élections européennes, il ne fait déjà plus aucun doute que le « ni de gauche, ni de droite » initialement revendiqué a volé en éclat. Au-delà des effets d’annonce et de la novlangue du « nouveau monde » (sic), il est désormais très clair que nous sommes face à un gouvernement dont la seule préoccupation est de satisfaire les « premiers de cordée », ceux qui sont les plus favorisés. La suppression de l’ISF et la baisse des APL en sont les meilleurs exemples.

Ce mercredi 12 juin, l’Assemblée nationale était de nouveau sollicitée pour un vote de confiance suite à une déclaration de politique générale du Premier ministre et, comme l’ensemble du groupe socialistes et apparentés, j’ai décidé de voter contre. ILS sont la droite, NOUS sommes la gauche et nous ne pouvions décemment plus leur accorder le bénéfice du doute.

Injustice fiscale et sociale, abandon de l’industrie, renoncement à défendre notre agriculture, sacrifice des services publics, le gouvernement collectionne les fautes et ne semble plus très loin d’en faire une véritable marque de fabrique. La liste s’allonge un peu plus à chaque réforme et ce sont les français les plus défavorisés qui en payent le prix.

Les dernières ambiguïtés sont désormais levées, le « en même temps » n’a définitivement plus aucun sens, tant du point de vue moral que politique. Il ne s’agit pas uniquement d’une divergence quant à la façon d’exercer le pouvoir, c’est avant tout une lecture du monde, de ses maux et des remèdes à y apporter qui nous sépare indubitablement.

J’ai une pensée pour les migrants et demandeurs d’asile traités avec un manque de dignité considérable ; pour les journalistes qui voient leur liberté d’exercice menacée chaque jour un peu plus ; pour les enseignants, les urgentistes, les agriculteurs ou encore les retraités que la majorité traite avec un mépris rarement atteint.

Ce gouvernement et cette majorité ne peuvent raisonnablement plus se revendiquer du progressisme. La gauche, elle, saura toujours répondre présente pour soutenir les laisser pour compte du macronisme.


Partager sur Twitter Partager sur facebook