Sylvie
Tolmont


Députée de la Sarthe
4e circonscription


21 juin 2019

Réforme de l’assurance chômage : le gouvernement stigmatise les plus précaires !

Mardi 18 juin, le gouvernement a présenté sa réforme de l’assurance-chômage. Un pas de plus dans la stigmatisation des plus précaires. Rappelons sans cesse que les allocations chômage ne sont pas de la charité mais un salaire différé et un droit.

Avec cette réforme, le gouvernement souhaite, dans un premier temps, durcir les conditions d’accès à l’assurance-chômage. Aucun droit nouveau ne sera mis en place, que des régressions. Ce sont 230 000 personnes qui vont perdre leurs droits et cela est totalement inadmissible.

Dans un second temps, le gouvernement souhaite renforcer les moyens de pôle emploi en recrutant 1 000 CDD, ce qui est un trompe l’œil. 1 000 CDD de longue durée pour remplacer les départs à la retraite, cela correspond aux emplois supprimés ces 2 dernières années sous ce gouvernement.

Enfin, le système de Bonus/Malus sur les contrats courts est une supercherie : le gouvernement souhaite exempter les secteurs du bâtiment et du médico-social alors que la durée moyenne de leurs CDD est de moins d’un mois. Cette réforme est-elle autre chose qu’un coup de com de l’exécutif ?

Les annonces du gouvernement m’inspirent plusieurs constats :

C’est une réforme de l’assurance-chômage qui se fera sans les partenaires sociaux (une première depuis 40 ans), et sans la représentation nationale puisqu’en faisant le choix d’une réforme par ordonnances, les parlementaires n’auront pas la possibilité de participer au débat.

De plus, il est nécessaire de rappeler la dure réalité du chômage d’un très grand nombre de personnes en France. Moins d’un chômeur sur deux est indemnisé et la moitié d’entre eux touchent moins de 860 euros/mois. Ce n’est sans doute pas par confort. Les allocations chômage ne sont pas de la charité mais un salaire différé et un droit.

Cette réforme, essentiellement comptable (3 à 4 milliards d’euros d’économie d’ici 2022), est mauvaise, elle n’a aucun sens et va faire beaucoup de victimes. Pour le gouvernement, le problème ce n’est pas le chômage mais les chômeurs !

Par ailleurs, comme l’a très justement souligné Laurence Rossignol, ancienne ministre des Familles et des Droits des femmes, les femmes seront les premières victimes de cette réforme. « En allongeant les durées d’activité nécessaires, en rendant plus difficile l’accès à l’indemnisation du chômage pour les salariés précaires, on sait tout de suite que ce sont les femmes qui composent la grande majorité de ces salariés. »

Face à cette réforme, le Parti Socialiste et moi-même ne sommes pas seuls à souligner nos craintes. Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, dénonce « un système d’accroissement de la pauvreté (…) et qui repose sur l’idée fausse que s’ils le voulaient vraiment, les chômeurs retrouveraient du boulot. Or, toutes les études montrent que les abus ne dépassent jamais 15 % des demandeurs d’emploi. On fait quoi pour les 85 % d’autres ? On fait payer à tous les conditions d’indemnisation ».

J’invite les forces de gauche et tous les français soucieux de l’assurance-chômage à se mobiliser pour faire échouer cette réforme qui sous-entend que derrière chaque chômeur, il y a un profiteur !


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