Sylvie
Tolmont


Députée de la Sarthe
4e circonscription


07 novembre 2019

La réforme d’assurance chômage : En Sarthe un chômeur indemnisé sur deux impacté

Avec la réforme de l’assurance chômage, en Sarthe, c’est un chômeur indemnisé sur deux qui sera pénalisé selon l’UNEDIC.

Le 1er novembre 2019 marque l’entrée en vigueur des nouvelles règles d’indemnisation pour l’assurance chômage, décidées sans les partenaires sociaux (syndicats de salariés et syndicats patronaux) ce qui est une première.  Cette réforme est tout à fait injuste et va contraindre les plus précaires à faire encore plus de sacrifices. En effet, la moitié des 2,6 millions de demandeurs d’emplois indemnisés verront leurs conditions de vie se dégrader dans les prochains mois.

En Sarthe, selon l’UNEDIC, sur 21.080 chômeurs indemnisés à fin janvier 2019, 10.000 seront pénalisés avec la réforme, soit près d’un demandeur d’emploi sur deux.

Une telle situation n’est pas acceptable et introduit, par ailleurs, une fracture territoriale puisque les départements où les offres d’emplois sont essentiellement de courte durée seront désavantagés.

En Sarthe, près de la moitié des offres d’emplois (42,3 %) sont des CDD inférieurs à 6 mois, ce laps de temps étant la nouvelle durée de déclenchement des droits.

Si je partage l’idée qu’il faille soutenir et encourager la reprise du travail, faire en sorte que le travail paie plus que le chômage et bien sûr pourvoir les postes vacants, il est néanmoins important de maintenir un juste équilibre. Or la réforme du Gouvernement fragilise cet équilibre.

C’est avec l’esprit de créer un juste équilibre qu’en 2014 nous avons mis en place les « droits rechargeables ». Concrètement, ce système a 2 volets :

  • Pouvoir conserver ses droits à chômage quand on reprend un travailCela signifie qu’avant 2014, lorsqu’une personne acceptait un nouveau travail, celle-ci perdait les droits à chômage du précédent emploi. Par conséquent, certains préféraient ne pas reprendre un travail car ils allaient perdre en pouvoir d’achat. La réforme de 2014 a permis de reprendre un travail et de conserver des droits précédemment acquis sous certaines conditions. Le Gouvernement conserve cette disposition.
  • Pouvoir engranger de nouveaux droits à chômage avec le nouvel emploi dès 1 mois de travail.Le Gouvernement ampute sérieusement cette avancée. En effet, pour que ce volet s’applique, il faudra travailler 6 mois au minimum.
Prenons l’exemple, présenté par l’UNEDIC (graphique ci-dessous), d’une personne à qui il reste 12 mois de droit à chômage (partie bleue du graphique : 4 mois + 3 mois + 7 mois). Cette personne souhaite travailler et accepte donc, pendant la période au cours de laquelle elle est indemnisée pour le chômage, 2 CDD : l’un de 2 mois et l’autre de 3 mois.
  • Avec la réforme de 2014, cette personne aurait eu droit à 17 mois d’indemnités chômage : 12 mois au titre des droits existants + 5 mois de droits nouvellement acquis via les 2 CDD (partie verte du graphique).
  • Avec la réforme du Gouvernement mise en œuvre depuis le 1er novembre 2019, cette personne n’aura que 12 mois de droit au chômage (la partie verte disparaît).

Finalité de ce nouveau système d’assurance chômage : l’incitation à accepter un emploi court, parfois bien moins payé que le précédent, est fortement réduite


Partager sur Twitter Partager sur facebook