Sylvie
Tolmont


Députée de la Sarthe
4e circonscription


20 novembre 2019

Plan d’urgence pour l’hôpital public : que de temps perdu !

Plan d’urgence pour l’hôpital public : que de temps perdu !

Une semaine après l’annonce présidentielle d’un « plan d’actions renforcé et des décisions fortes » pour répondre à la crise des hôpitaux, le Gouvernement a présenté, mercredi 20 novembre, son « plan d’urgence pour l’hôpital public ». Et c’est une nouvelle désillusion pour les personnels hospitaliers.

« Plan d’action » en septembre, « plan d’urgence » en novembre, cumuler les plans et les effets d’annonce qui ne sont jamais à la hauteur de la situation critique dans laquelle se trouve l’hôpital public, ainsi va la signature du Gouvernement.

Mobilisés depuis 8 mois pour alerter sur leurs conditions de travail et les dangers qu’elles induisent pour les patients, c’est une nouvelle déconvenue pour les personnels hospitaliers qui attendaient des mesures fortes et n’ont eu droit qu’à un plan de saupoudrage, bricolé à la va-vite.

Face à l’incapacité du Gouvernement à trouver une issue à la crise de l’hôpital public qui menace la santé des Français, il est de notre responsabilité collective de trouver des solutions. Ainsi, le Parti socialiste a fait connaître les siennes à travers un « plan d’urgence pour l’hôpital public et l’autonomie ».

Tour d’horizon des propositions gouvernementales confrontées à ce que nous avons présenté début novembre.

– S’agissant de la reprise de la dette de 10 milliards, le Gouvernement ne fait que reprendre la proposition socialiste qu’il avait pourtant écarté 1 mois auparavant, tout en décalant sa mise en œuvre à 2022 alors que nous proposions de la faire dès 2020 ;

– Sur les salaires, l’exécutif propose une augmentation de 66 € / mois, alors que nous proposions 100 € pour tous ;

– Alors que les socialistes proposaient une hausse de salaire de 177 € nets mensuels pour les aides-soignants en gérontologie, le Gouvernement se contente d’une prime de 100 € tout à fait insuffisante ;

– Dans une volonté de donner de réelles marges de manœuvre à l’hôpital public, nous proposions une hausse de 830 millions d’euros du budget de l’assurance-maladie. Le Gouvernement, quant à lui, ne propose que 300 millions d’euros : un tel montant ne permet pas de répondre aux besoins et suppose toujours que l’hôpital public devra réaliser des économies à hauteur de 540 millions d’euros, l’ONDAM hospitalier ayant été fixé à 2,1 % dans le cadre de l’examen du PLFSS à l’Assemblée nationale (soit 840 millions d’euros d’économies) ;

– Concernant les investissements courant, les socialistes avaient dégagé des moyens financiers permettant un investissement 10 fois supérieur aux 150 millions d’euros par an pendant trois ans proposés par l’exécutif ;

– Enfin, sur le financement de son plan, le Gouvernement crée du déficit là où les socialistes avaient un plan de financement sérieux, basé sur un rééchelonnement de la dette de la Caisse d’Amortissement de la Dette Sociale (CADES).

Lorsque nous étions aux responsabilités, lucides quant aux difficultés que pouvait rencontrer l’hôpital public, 43 978 personnes (dont 159 en Sarthe) étaient venues amplifier les effectifs de la fonction publique hospitalière dans toute la France.

Aujourd’hui, ces mêmes personnes sont en souffrance et le Gouvernement n’a absolument pas pris conscience de l’ampleur du problème. L’urgence est réelle et la souffrance des personnels hospitaliers totalement inadmissible, sans parler du manque de reconnaissance dont ils font l’objet. C’est pourquoi nous appelons de nos vœux l’organisation d’états généraux de l’hôpital public où tous les acteurs du secteur seront entendus et écoutés afin de sauver ce bien commun.


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