Sylvie
Tolmont


Députée de la Sarthe
4e circonscription


18 décembre 2019

Inclusion scolaire : une réalité bien loin des déclarations du gouvernement

Je suis engagée pour l’inclusion scolaire, engagement qui participe d’une conviction, celle que l’éducation nationale doit être accessible à tous nos enfants, quelque soit leur condition.

En ce sens, j’ai participé à la commission d’enquête sur l’inclusion des élèves handicapés et ai défendu, avec mon groupe parlementaire, une proposition de loi pour une école vraiment inclusive.

L’inclusion scolaire ne doit pas être appréhendée comme un principe purement abstrait, fruit d’un consensus politique mou. Elle répond, au contraire, à une dure réalité à laquelle doit faire face les familles d’enfants présentant un handicap.

Je souhaite illustrer cette réalité de terrain à travers un dossier récent, émanant de ma circonscription, sur lequel je suis intervenue.

Un enfant de 8 ans, scolarisé en classe de CE2, présente une situation de handicap. Cet état de santé suppose une présence à ses côtés en classe et c’est en ce sens que la MDPH lui avait prescrit une AESH à hauteur de 15h/semaine.

Il était prévu que cette AESH bénéficierait d’un congé maternité après les vacances de noël et ferait alors l’objet d’un remplacement.

Malheureusement, avant ce congé, son état de santé s’est détérioré et a conduit à son arrêt.

L’enfant se retrouvant sans le soutien indispensable de son AESH, le 18 novembre dernier, les parents m’ont contacté pour que je soutienne une demande de remplacement auprès des services de l’éducation nationale, ce que j’ai fait par un courrier en date du 21 novembre.

Le 3 décembre, les parents m’ont contacté de nouveau pour m’informer que l’AESH venait d’être une nouvelle fois mise en arrêt. Ils me faisaient part de leur inquiétude pour la scolarité de leur fils et de leur incompréhension de cette situation compte tenu des engagements pris par le gouvernement en la matière.

C’est pourquoi, le 3 décembre, j’adressais un nouveau courrier à la direction des services départementaux de l’éducation nationale.

Dans ce courrier, je soulignais que l’enfant se trouvait privé d’AESH depuis maintenant 2 semaines quand bien même la MDPH lui avait prescrit une aide. J’y exprimais également mes craintes sur les conséquences de cette absence sur la scolarité de l’enfant, absence qui serait de nature à porter atteinte à son droit à l’éducation. Je demandais ainsi l’intervention de la Directrice académique pour que soit garanti le suivi de l’enfant.

C’est finalement le 16 décembre que j’ai été rendue destinataire d’une réponse de ces services, réponse succincte qui, en substance, m’informait d’un fait que nous savions déjà, à savoir, que l’AESH serait bien remplacée le temps de son congé maternité.

En conclusion, l’enfant se retrouve seul pendant 5 semaines, sans aucun palliatif lui étant apporté par l’Éducation Nationale.

Je suis bien sûr consciente qu’il est toujours difficile de faire face aux absences imprévues, mais comment considérer ici que le droit fondamental à l’éducation est assuré ?

Comment lire la circulaire de « Rentrée 2019 – École inclusive » du 5 juin 2019 sans y voir une simple déclaration de principe ?

Mes pensées vont à cette famille.


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