Sylvie
Tolmont


Députée de la Sarthe
4e circonscription


09 janvier 2020

Mon intervention sur la désertification médicale et la fermeture du service de réanimation pédiatrique

Ce jeudi 9 janvier j’interpellais la Ministre de la Santé, Mme Agnès BUZYN, par le biais d’une question prononcée dans l’hémicycle sur la problématique de la désertification médicale, laquelle constitue avec la question de l’accès au soin, une des principales préoccupations des français, et notamment ceux qui vivent dans nos territoires ruraux.

Sur ce sujet, je lui ai rappelé que le groupe socialistes et apparentés, dont je fais partie, a soutenu plusieurs propositions de loi visant à créer un dispositif de régulation de l’installation des médecins, par le biais d’un conventionnement sélectif. Cette régulation, laquelle permettrait une meilleure répartition territoriale de l’offre de soins, a toutefois toujours été repoussée par le gouvernement.

Pourtant il est aujourd’hui urgent d’apporter une réponse forte s’agissant de cette problématique, comme en atteste la situation de l’offre de soin en Sarthe. Partant de la situation de notre territoire, j’ai insisté sur les difficultés de recrutement dans certaines spécialités médicales, et l’ai interpellé sur la fermeture récente et terriblement anxiogène du service de réanimation pédiatrique au centre hospitalier du Mans.

En effet, depuis le 1er janvier, le service de réanimation pédiatrique est fermé du fait de l’absence de deux praticiens spécialisés qui n’ont pu être remplacés. A terme, si aucun recrutement ne venait à intervenir avant fin mars, c’est également le service de réanimation prénatal qui pourrait être à son tour fermé. Cette situation risque de remettre en cause le statut de niveau 3 de la maternité, ce qui lui permet concrètement de prendre en charge les grossesses à risque et les bébés grands prématurés.

Par ces exemples concrets, j’ai dénoncé le caractère dangereux, irresponsable et injuste de la politique actuelle menée par le gouvernement en la matière, celle-ci générant des inégalités d’accès aux soins et, par la même, une forme d’iniquité territoriale.

Face à ces interrogations, la Ministre n’a fait que dérouler une trame argumentative, partielle et partiale, pour « justifier » son refus d’un conventionnement incitatif. Pire, elle n’a apporté aucune réponse s’agissant de la fermeture du service de réanimation pédiatrique, point sur lequel j’avais pourtant axé mon intervention.

Dénotant une méconnaissance de la réalité de terrain, la Ministre a délibérément placé son discours dans l’abstrait, alors que les citoyens pâtissent quant à eux, jour après jour, d’une réalité patente.

N’ayant obtenu de réponse j’interrogerai de nouveau la Ministre, prochainement, par le biais d’un courrier, sur la question spécifique de l’avenir du service de réanimation pédiatrique. Je ne relâcherais pas mes démarches pour assurer un meilleur accès aux soins médicaux.


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