Sylvie
Tolmont


Députée de la Sarthe
4e circonscription


05 février 2020

Mon intervention sur les épreuves de contrôle continu du Bac (E3C) et sur la situation des professeurs

 

Ce mardi 4 février, j’ai interpellé le Ministre de l’Éducation Nationale sur les épreuves communes de contrôle continu du Bac (E3C) et sur la situation d’exaspération des professeurs. En effet, l’organisation précipitée et anxiogène de ces E3C, laquelle n’a pas manqué de générer des perturbations voire des annulations dans la tenue de ces épreuves, s’inscrit dans un mouvement plus général de contestation dénonçant les nombreuses attaques que doit subir l’Éducation Nationale. Face au cri d’alarme appelant au report des épreuves, le ministère n’a toutefois pas jugé utile de temporiser sa réforme.

 

Le texte de ma question au Gouvernement :

Monsieur le Ministre de l’Education nationale,

Les épreuves d’E3C se déroulent dans un chaos inédit et dans la plus grande confusion. La rupture d’égalité est partout : les sujets sont mis en ligne sur les réseaux sociaux, les configurations d’examens non respectés.

Loin d’être le fait d’actes minoritaires, l’exaspération enfle dans les territoires y compris ultramarins contrairement à ce que vous prétendiez il y a 2 semaines.

Encore plus inquiétants, les professeurs en grève et les élèves subissent pressions et menaces. Des dizaines d’élèves de 1ère sont menacés d’être sanctionnés d’un 0 à leur examen pour leur participation réelle ou supposée à des blocages.

Depuis vendredi, ce sont plus d’une dizaine de lycéens de 16 ans qui ont été mis en garde à vue, parfois plus de 24 h parce qu’ils contestent votre réforme et refusent ce bac devenu désormais local.

Pourtant les enseignants vous alertent depuis des mois sur l’impréparation de ce bac, sur leurs conditions de travail, leur salaire, leur manque de moyens. Ils n’en peuvent plus. Cette école de la confiance que vous revendiquez n’est plus qu’un slogan vide de sens.

Et pourquoi en serait-il différemment quand on apprend par exemple que les enseignants qui se sont rendus à l’hommage rendu à leur collègue Christine Renon en octobre dernier, viennent de se voir retirer sur leur paie de janvier cette journée de recueillement.

Il est regrettable que le message du Président de la République demandant à ce que le gouvernement fasse preuve d’humanité ne soit pas arrivé encore jusqu’à votre ministère.

A cela se rajoute l’inquiétude des enseignants quant à leur retraite future alors que le Conseil d’Etat vient de déclarer sèchement inconstitutionnel la seule garantie obtenue par les syndicats pour compenser la forte baisse de leur pension impactée par votre réforme.

Et au milieu de cette situation chaotique, après des jours de silence, vous prenez la parole pour annoncer que désormais, les élèves auront 30 minutes en plus de sport par jour à l’école.

Le déni tout comme l’intimidation et la pression ne peuvent être un mode de gouvernance. Oui quelque chose de grave se passe sur le terrain. Maintenir la poursuite des épreuves dans un tel contexte serait irresponsable.

Nous vous demandons solennellement pour le bien des personnels, des élèves et de leurs parents de suspendre.

 

En guise de réponse, Monsieur Blanquer n’a su exprimer que du mépris et n’a apporté aucune réponse spécifique sur les épreuves de contrôle continu, ce qui n’a pas manqué d’être relevé par les enseignants.

 

 

 

 


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