Sylvie
Tolmont


Députée de la Sarthe
4e circonscription


13 février 2020

Mon intervention en faveur de la proposition de loi visant au gel des matchs de football les 5 mai

Ce jeudi 13 février, je suis intervenue au nom du Groupe Socialistes et apparentés en faveur de l’interdiction des matchs de football les 5 mai. En effet, plus de 27 ans après ce drame national qui a frappé le monde du football, et plus largement du sport, il était important d’adopter cette mesure symbolique en hommage aux victimes et à leurs familles. Je suis fière d’avoir voté en faveur de ce texte et d’avoir contribué à l’adoption de ce projet de loi.

 

Le texte de mon intervention :

Monsieur le Président,

Madame la Ministre,

Monsieur le secrétaire de la commission,

Monsieur le rapporteur,

La terrible catastrophe survenue le 5 mai 1992 dans le stade Armand-Cesari de Furiani lors de la ½ finale de la Coupe de France de football est toujours source de douleurs vives pour les victimes et leurs familles, elle demeure gravée dans notre mémoire collective ; elle a, à l’époque, gravement entaché le milieu sportif.

En effet, nous le savons, ce drame n’était pas un accident mais le résultat tragique d’un choix délibéré de maximiser le profit généré par cette rencontre, et ce, au détriment de la sécurité des spectateurs.

La justice est passée, les responsabilités ont été clairement établies et une réglementation plus stricte s’est imposée depuis afin d’éviter à l’avenir tout manquement de cet ordre.

Il reste l’impérieux devoir de mémoire et le nécessaire respect dû aux 19 morts comme aux milliers de victimes blessées dans leur chair et dans leur âme.

Dès le lendemain de cette catastrophe, François Mitterrand, alors Président de la République, avait pris l’engagement que plus aucun match ne serait organisé à cette date du 5 mai.

Le Groupe socialistes et apparentés souhaite demeurer fidèle à cet engagement.

Comme cela a été déjà rappelé, celui-ci n’a toutefois pas été pleinement respectée, et ce, malgré un accord, certes tardif, mais officiellement passé le 22 juillet 2015 entre le Ministre des Sports alors en poste, Thierry Braillard, et le « Collectif des victimes du 5 mai 1992 » dont je salue la présence à nos côtés aujourd’hui.

Ainsi, chaque match joué en cette date de triste mémoire, réveille la douleur de nos concitoyens et, notamment de ceux résidant en Corse, lesquels ont tous connu, d’une manière directe ou non, une victime de ce drame.

Voilà pourquoi il était important d’inscrire ce sujet à l’ordre du jour de nos débats et nous tenons à remercier Michel Castellani d’avoir porté ce projet.

Il est en effet temps de mettre fin aux atermoiements frappés à certains égards du sceau de l’indignité ; il est temps de faire cesser les excuses présentées par certains qui, faisant prévaloir des préoccupations d’ordre organisationnel, ne font pas honneur aux valeurs qu’ils sont censés faire rayonner ; il est temps de mettre fin à la longue et pénible attente des victimes ; il est temps que la Nation s’engage résolument et réponde aux aspirations mémorielles, de ceux, de plus en plus nombreux, qui demandent la neutralisation des matchs de Football les 5 mai.

Dans le cadre de la réunion de commission du 5 février dernier, nous n’avons noté aucune opposition de principe de la part des différents groupes politiques face à cette proposition mais une réticence, une réserve, quant à l’opportunité d’œuvrer par le biais d’une loi au motif que ce sujet ne relevait pas du domaine législatif.

Au-delà de cette réserve, nous nous accordions toutefois tous sur la nécessité d’entretenir le souvenir de cette tragédie, en hommage pour les victimes et leurs familles bien sûr, mais aussi afin de manifester notre volonté, de ne plus voir le sport entaché de pratiques dangereuses uniquement motivé par le profit.

Il a été soutenu que, plutôt que d’édicter une loi, des mesures symboliques pouvaient être engagées en ce sens. Ces propositions ne sont pas inconciliables avec le choix de porter ce sujet sur le plan législatif et, en parallèle d’une telle loi, des initiatives peuvent être organisées.

Il est toutefois à noter que malgré l’engagement des instances de football, force est de constater que peu d’actions de ce type ont été menée à leur initiative depuis 27 ans.

Le sport n’est pas un simple marché, il est vecteur de lien social et porteur de valeurs partagées par la grande majorité des Français.

Ces valeurs, il nous appartient de les porter et de les défendre en tant que législateur.

Si la loi a bien sûr une visée normative, en l’occurrence, en portant une interdiction, nous le savons tous, elle a aussi une fonction symbolique et s’inscrit dans l’histoire d’un pays. Elle véhicule une certaine image de la société et traduit les aspirations des Français.

A la différence des instances sportives, nous sommes responsables de la défense des ces aspirations et de l’intérêt général et c’est donc à nous d’en assumer la responsabilité ici aujourd’hui.

C’est pourquoi le Groupe Socialistes et apparentés fait sien le slogan « Pas de match le 5 mai » affiché dans de nombreuses tribunes de France en mai 2019 et nous voterons en faveur de ce texte.


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