Sylvie
Tolmont


Députée de la Sarthe
4e circonscription


02 avril 2020

10 propositions pour un égal accès à l’éducation pendant le confinement

Par courrier en date du 2 avril, j’ai décidé d’interpeller, avec mes collègues députés du groupe Socialistes et apparentés, le Ministre de l’Éducation Nationale sur les mesures mises en place durant cette crise sanitaire.

Le contexte de confinement impacte tout le milieu éducatif et le parcours scolaire des jeunes français.

Parallèlement à la décision de fermeture des écoles, collèges et lycées du Président de la République, le Ministre de l’Éducation, Jean-Michel BLANQUER, annonçait que les infrastructures scolaires numériques étaient opérationnelles, qu’une continuité pédagogique allait être mise en place, que l’accueil des enfants de soignant serait assuré et qu' »aucun enfant ne serait laissé au bord du chemin« .

Par ce courrier, nous avons souhaité revenir sur certains points et alerter le Ministre sur les problématiques qui nous ont été remontées. Nous lui soumettons, enfin, plusieurs de nos propositions pour répondre aux attentes exprimées par nos concitoyens.

 

I. Concernant la continuité pédagogique

Sur les outils institutionnels.

Dans de nombreux cas, les infrastructures fonctionnent mal : serveurs ENT saturés, mails académiques hors services … Nous saluons les initiatives des enseignants, démunis, qui ont su proposer des solutions alternatives aux élèves, même si les plateformes utilisées ne sont pas toujours conformes à la règlementation RGPD.

Nous demandons :

  • à ce que tous les moyens soient déployés pour rendre les outils opérationnels
  • à terme, d’engager une véritable politique sur les ENT : équipement des établissements, amélioration du débit interne, une meilleure attention à des compléments de formation.

Sur l’information et le suivi des familles

Les familles sont perdues au milieu d’informations contradictoires et de canaux multipliés et certaines semblent avoir « décroché ».

Nous demandons :

  • un système d’information et de suivi des familles.
  • les chiffres de ce suivi par territoire

Sur l’équipement et l’accompagnement des élèves

« L’école à la maison » renvoie tragiquement aux inégalités sociales et territoriales entre les élèves tout en les aggravant : toutes les familles ne sont pas dotées d’outils numériques ou de connexion suffisants, tous les élèves n’ont pas les mêmes conditions de travail, tous les parents n’ont pas la même disponibilité ou capacité à accompagner leurs enfants.

Nous rappelons que les parents ne peuvent se substituer aux professeurs.

Le gouvernement affirme que seulement 5 à 8% d’élèves ne suivent pas les enseignements à distance, ce chiffre est contradictoire avec toutes les remontées que nous avons eues de professeurs dont certains disent avoir complètement perdu le contact avec leurs élèves.

Nous demandons :

  • que cette période de confinement soit exclusivement consacrée à la consolidation des acquis et qu’aucune évaluation ne soit prise en compte durant cette période ;
  • les statistiques du nombre d’élèves qui suivent les cours à distance.

Sur la situation des enseignants

Les enseignants, faute d’outils suffisamment performants, fournis par l’État, et faute d’une aide personnalisée se débrouillent par eux-mêmes pour retravailler les contenus, garder le contact avec leurs élèves, s’adapter à chacun et répondre aux familles inquiètes.
Il leur apparait qu’au-delà des objectifs liés à des apprentissages et à leur consolidation, l’essentiel soit d’arriver à maintenir un contact avec les élèves les plus éloignés du désir d’apprendre dans de telles circonstances, particulièrement dans des foyers où le manque d’équipement ne permet pas à chacun d’utiliser les moyens numériques.

Quant à la formation des enseignants, le recours aux outils numériques à une telle échelle souligne des disparités importantes selon les établissements, les matières et les possibilités de formation qui ont pu leur être proposé à travers les PAF (Plan Académique de Formation).

Nous soulignons notre reconnaissance envers les enseignants dont le rôle crucial est mis en exergue par cette crise. Nous demandons que soient fournis aux enseignants qui n’en disposent pas des moyens matériels et numériques nécessaires à l’accomplissement de leur mission.

Nous pensons qu’il faut, comme le font déjà certains départements, renforcer les liens avec les DDSEN et IA et élus des territoires afin d’identifier correctement les besoins et les manques.

 

II. Concernant le baccalauréat et ParcourSup

Il est essentiel qu’aucun élève ne soit lésé, ni dans le passage du baccalauréat, ni dans la poursuite de ses études supérieures.

Sur le baccalauréat

Nous demandons à ce que, le gouvernement précise le plus rapidement possible, après concertation avec les syndicats et associations de parents, le déroulement du baccalauréat afin de permettre aux établissements, aux enseignants et aux élèves d’anticiper aux mieux ces nouvelles modalités et de limiter les pressions qu’elles peuvent engendrer. Nous faisons part de notre préférence pour un contrôle continu, avec un examen approfondi du dossier de chaque élève et une période de rattrapage sur les dates initiales du baccalauréat.

Sur Parcoursup

Nous demandons à connaitre les chiffres des inscriptions au 2 avril afin de s’assurer qu’aucun élève n’ait eu de difficultés à s’inscrire du fait du confinement, à défaut d’outil numérique ou de possibilité de connexion.

Nous nous interrogeons sur la pertinence de maintenir les commissions d’examen des vœux, censées se tenir mi-avril, en ce que nous doutons qu’elles puissent, dans ce contexte, procéder à un examen approfondi de chaque dossier.

III. Concernant l’accueil des enfants du personnel indispensable à la gestion de la crise

Nous nous félicitons que, sur notre proposition, cet accueil ait été élargi aux enfants des pompiers et des forces de l’ordre. En revanche, nous déplorons le fait que le gouvernement n’estime pas nécessaires les masques pour les enseignants volontaires.

Nous demandons à ce que les conditions sanitaires d’accueil soient assurées et que des masques soient distribués à chaque enseignant volontaire.

 

IV. Concernant la carte scolaire

D’un côté des professeurs sont en attente de leur mutation, de l’autre, des fermetures de classes annoncées par certaines DASEN. Cette situation à 2 vitesses n’est pas acceptable.

Nous demandons :

  • que les opérations de carte scolaire puissent se faire en concertation avec les élus et les membres de la communauté éducative
  • un gel des fermetures de classes pour 2021.

 


Partager sur Twitter Partager sur facebook