Sylvie
Tolmont


Députée de la Sarthe
4e circonscription


15 avril 2020

Je signe une tribune pour un Pacte Social de la Jeunesse en réponse à la précarité des plus jeunes

Dans une tribune publiée dans Libération ce jour, j’appelle, avec les députés de mon groupe et le Groupe socialiste universitaire, à la mise en place d’un Pacte Social de la Jeunesse afin de répondre à la précarité des plus jeunes, laquelle est exacerbée par la crise du Covid-19.

À la crise sanitaire s’ajoute une crise sociale. Les plus fragiles, notamment les jeunes de 18 à 25 ans, voient leur précarité exacerbée par les mesures de confinement. Nous avons entendu les paroles du Président de la République mais nous attendons des actes forts.

En France près de 670 000 étudiants dépendent du revenu d’un « boulot-étudiant » pour leurs besoins les plus essentiels (alimentation, logement, habillement). Les bourses d’étude et aides au logement sont souvent des ressources insuffisantes pour vivre sans travailler. Aussi, privés d’un revenu de solidarité – le RSA -, les étudiants sont sans filet de protection.

La crise du Covid-19 met aujourd’hui la lumière sur la fragilité et la précarité de nos jeunes, oubliés de notre système de protection sociale.

Il nous faut apporter deux réponses à cette crise sociale : une première immédiate pour remplir les réfrigérateurs de nos étudiants, et une seconde structurelle, pour résoudre le problème de précarité étudiante et jeune. C’est le sens des deux propositions que le Groupe Socialiste Universitaire (GSU) a formulé dans sa dernière étude sur la précarité chez les jeunes.

Une majoration exceptionnelle des APL pour les étudiants

Face à l’urgence, il nous faut utiliser les mécanismes déjà existants au sein l’artillerie sociale française. Les aides personnalisées au logement – APL – parce qu’elles sont adressées aux plus précaires d’entre eux, et la Caisse d’Allocations Familiales qui dispose déjà des informations bancaires de ses allocataires apparaissent être les meilleurs outils pour répondre avec efficacité à cette problématique.

Nous souhaitons que soit compensé le manque à gagner de ces étudiants fragiles en revalorisant cette aide.

Sur la base d’un volume horaire hebdomadaire moyen chez les étudiants-travailleurs de 16h payé au SMIC, il s’agit de majorer les APL à hauteur de 514€ par mois. Sans activité professionnelle depuis près d’un mois désormais, l’incertitude à laquelle font face ces salariés précarisés nécessite à minima un engagement sur un trimestre. Puisque ce gouvernement assène qu’il est celui du « sérieux budgétaire », nous écrivons avec clarté que cette aide d’urgence représenterait 0,1% du budget social annuel.

L’instauration d’un pacte social pour la jeunesse comme réponse durable à la précarité des jeunes

Cette crise met à la lumière du jour les problèmes inhérents à notre système éducatif et la protection sociale pour les jeunes. L’occasion est aujourd’hui donnée à la représentation nationale d’asseoir à jamais qu’étudier est un droit et non une chance.

L’utilisation de deux outils préexistants, que sont les bourses CROUS et les aides au logement, combiné à un Revenu de Solidarité Active (RSA) étendu aux jeunes de 18 à 24 ans permettrait de former un réel pacte social pour la jeunesse. il n’est aujourd’hui plus possible de devenir majeur civilement à 18 ans mais de ne devenir majeur « socialement » qu’à 25.

Aussi en conservant l’échelonnage du dispositif de bourse CROUS en l’état pour les étudiants, la généralisation du RSA aux 18-24 ans permettrait à près de 5,2 millions de jeunes de toucher entre 650 euros et plus de 1000 euros par mois.

Sur le fondement de l’étude de l’Institut des politiques publiques sur le revenu de base, le coût de l’ouverture du RSA dès 18 ans serait d’environ 11,8 milliard d’euros. Cela ne représente que 1,6% de notre budget social.

Nous payons aujourd’hui les conséquences de la politique d’austérité, ne reproduisons pas demain les mêmes erreurs avec l’avenir de notre jeunesse.


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