Sylvie
Tolmont


Députée de la Sarthe
4e circonscription


11 mai 2020

Concours internes et externes de l’Éducation nationale, j’interpelle le Ministre Blanquer

Les 128 000 candidats aux concours de l’enseignement secondaire, et plus particulièrement les enseignants contractuels, s’inquiètent des annonces qui ont été faites ces dernières semaines concernant les concours internes et externes de l’Éducation nationale. Aussi, avec mes collègues députés socialistes de la commission des affaires culturelles et de l’éducation, j’ai alerté par courrier le ministre de l’Éducation nationale sur cette question.

Le ministre Blanquer a déclaré que, pour ce qui concerne les concours internes, des oraux seraient organisés en septembre, alors que les concours externes se limiteraient à un écrit, seulement contrôlé par un oral au printemps prochain.

D’une part, ce choix d’un oral en septembre représente une rupture d’égalité entre les candidats, en la défaveur de ceux qui s’investissent déjà auprès des élèves. 

  • Les candidats du concours externe ne seront admis qu’avec un concours écrit. Si l’idée d’un oral au printemps pour valider les acquis de l’année de stage pourrait être une piste d’évolution de ces concours, dans ce cas pourquoi ne pas l’appliquer à l’ensemble des candidats ? Pourquoi demander davantage aux candidats qui ont déjà œuvré sur des postes similaires, en tant que contractuels ?
  • La rentrée scolaire est toujours pour les contractuels une période d’incertitude et d’inquiétude. Est-ce qu’ils auront une affectation ? Où ? Dans combien d’établissements ? Désormais à cela s’ajoutera le stress d’un oral à préparer en plus d’une hypothétique rentrée.
  • Ces enseignants, contractuels, vont donc devoir préparer leur rentrée, pour offrir à leurs élèves le meilleur enseignement possible, tout en préparant un oral décisif pour leur avenir ? Ce n’est une situation idéale ni pour les enseignants, ni pour leurs élèves.

Nous avons déjà alerté le ministre, à de nombreuses reprises sur la situation des enseignants contractuels, en particulier lors de nos débats sur la loi « École de la confiance ». Aujourd’hui encore, ces enseignants et personnels, sans qui notre École ne fonctionnerait pas, ne sont pas considérés. Comment justifier que le concours soit plus facilement accessible à des candidats sans expérience plutôt qu’à des professionnels qui sont déjà au cœur de notre système éducatif, alors même que leurs homologues de l’enseignement agricole ont, eux, vu ces épreuves orales supprimées.

Une pétition, ayant déjà réuni plus de 18 000 signatures, demande à ce que tous les candidats admissibles soient admis sans passer les oraux pour les candidats ayant passés les épreuves d’admissibilité et qu’il n’y ait pas d’oraux pour les concours dont les écrits n’ont pas encore eu lieu. Elle souligne bien l’incompréhension des personnels face à ces modalités de certification des concours.

D’autre part, ces modalités de concours désavantagent également les candidats en externe.

En effet, les candidats  doublement admissibles, en interne et en externe, qui auraient, en temps normal, été admis en interne, vont naturellement se reporter sur les places en externe, réduisant ainsi considérablement les chances des candidats externes.

Au moment où il nous faut absolument recruter largement pour répondre aux besoins d’enseignement dans le secondaire, particulièrement en maths ou en langues, il nous faut mettre en oeuvre toutes les opportunités afin de répondre aux besoins de nos élèves.

Nous demandons donc au ministre, d’une part, concernant les modalités des concours, de répondre favorablement à la demande de ces personnels fortement impliqués dans la réussite des jeunes au sein de son ministère et, d’autre part, concernant le nombre de places aux concours, d’augmenter les recrutements pour la rentrée de septembre 2020, dans le secondaire comme il l’a annoncé pour le primaire.


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