Sylvie
Tolmont


Députée de la Sarthe
4e circonscription


17 juin 2020

Pour un rebond scolaire et éducatif : nos 29 propositions pour réussir l’année scolaire 2020-2021

Confrontés depuis 3 ans à un ministre méprisant et autoritaire à leur égard, les enseignants ont subi une reprise de l’école à marche forcée sur fond d’injonctions sanitaires contradictoires, voire impossibles, et d’une campagne de stigmatisation parfaitement honteuse.

Afin d’enrayer les répercussions alarmantes de la crise sanitaire sur les enfants, d’octroyer à notre école républicaine les moyens humains et matériels nécessaires pour appréhender la rentrée prochaine et de concourir efficacement à la lutte contre les inégalités, nous venons de publier notre plan pour un « rebond scolaire et éducatif ».

I. Les « vacances apprenantes » : le gâchis

Nous soutenons l’inefficacité du dispositif des « vacances apprenantes », lequel relève d’une analyse erronée et, en tout état de cause, apparait comme étant une solution inadaptée.

C’est pourquoi nous demandons :

  1. De faire confiance aux acteurs locaux pour construire des projets plutôt que d’imposer de manière verticale des dispositifs hors-sol
  2. D’inscrire les dispositifs relatifs aux activités périscolaire ou parascolaires dans le cadre des projets éducatifs de territoires (PEDT) afin de faire de la coéducation une priorité à l’échelle des territoires et de mettre en cohérence l’action des différents partenaires éducatifs locaux sur les différents temps de l’enfant (famille, école, centre de loisirs, colonie de vacances, clubs de sport…)
  3. De faire confiance aux mouvements d’éducation populaire et de les soutenir financièrement pour organiser cet été des séjours éducatifs profitables aux enfants et aux jeunes avant la rentrée scolaire. Une aide financière exceptionnelle doit être créée en lien avec la Caisse des allocations familiales, proportionnée aux ressources pour faire l’objet d’une grande campagne de communication pour favoriser l’accès à ce droit, en lien avec les collectivités territoriales.
  4. De construire un dispositif public de séjours linguistiques à coût réduit, en lien avec les collectivités territoriales, notamment celles liées par des jumelages, alors que les compétences linguistiques sont devenues indispensables dans de nombreux domaines professionnels.
  5. De faire bénéficier en priorité du dispositif Erasmus+ les collégiens, lycéens, enseignants, formateurs et apprentis des territoires qui ont le plus souffert du confinement.

Aussi, et afin de faire évoluer le protocole sanitaire, comme le propose le président du conseil scientifique, nous demandons à l’État :

  1. D’engager une réflexion autour du protocole sanitaire actuellement en vigueur et son allègement conformément aux propos du président du conseil scientifique. Cet allégement doit prendre la forme d’un niveau intermédiaire de sécurité sanitaire, tenable sur le long terme, qui permette à tous les enfants d’être scolarisés en utilisant le plus grand nombre possible de locaux au sein des établissements scolaire.

 

II. Réussir la rentrée et l’année scolaire 2020-2021

La crise sanitaire a renforcé les inégalités scolaires, il nous est urgent d’aider les familles et les élèves en difficulté. Pour cela, nous demandons :

  1. Une revalorisation générale de l’allocation de rentrée scolaire de +25% avec un effort particulier pour les collégiens (+33%).
  2. La tarification sociale des cantines doit être mise en place partout, en lien avec les collectivités territoriales.
  3. La création d’une tranche gratuite financée par l’État pour la restauration scolaire à destination des familles vivant sous le seuil de pauvreté.
  4. La fourniture d’un kit numérique à chaque élève et à chaque enseignant.
  5. La fin de l’année doit permettre de recenser les élèves qui ont décroché durant le confinement et qui ne sont pas retournés en cours depuis le 11 mai. Collectivités locales étudiants, bénévoles de la réserve de l’éducation, DDEN, associations périscolaires… tous ces acteurs doivent être mobilisés dès cette fin d’année scolaire pour raccrocher les élèves d’écorcheurs et les remobiliser avant la rentrée.
  6. Un moratoire sur la fermeture des postes en RASED et la mise en place d’une carte des renforts nécessaires en lien avec le collectif national des RASED.
  7. Des moyens complémentaires dans le second degré pour l’accompagnement personnalisé des élèves en difficulté scolaire et/ou sociale, notamment à travers la désignation de deux professeurs principaux dans chaque classe du collège, du lycée et du lycée professionnel.
  8. Le doublement du budget consacré aux fonds sociaux des établissements (porté à 59 millions d’euros par le précédent quinquennat, maintenu à ce niveau en 2018 et 2019, il a été raboté à hauteur de 30,6 millions d’euros en 2020 par l’actuelle majorité).
  9. Les 350 000 enfants porteurs de handicap et scolarisés puissent bénéficier d’une rentrée scolaire ordinaire en ayant connaissance de leur affectation scolaire au 30 juin, et pas le jour de la rentrée, ou après, comme c’est le cas aujourd’hui.
  10. Le statut des accompagnants (AESH) soit sécurisé et qu’une véritable formation leur soit dispensée.
  11. Les classes dans lesquelles sont scolarisées des élèves en situation de handicap n’excèdent pas 20 élèves.
  12. Il demande par ailleurs que les élèves inscrits dans des dispositifs ULIS soient pris en compte dans les effectifs de classe en application du décret de la rentrée 2019.
  13. Des moyens d’enseignement supplémentaires pour développer le co-enseignement et l’accompagnement éducatif dans les établissements REP et REP+ dès septembre 2020.
  14. Un moratoire sur les fermetures de classes et en milieu rural.
  15. Que la prime dite « REP » soit également versée aux AED et AESH comme Jean-Michel BLANQUER l’avait laissé espérer à la rentrée 2018.

Aussi, afin de donner à l’école les moyens de réussir sa mission, nous demandons au gouvernement :

  1. Un renforcement des moyens supplémentaires dans le secondaire pour faire face à l’augmentation de la démographie scolaire et assurer la remobilisation des élèves. Ces postes doivent être. pourvus par le recrutement de professeurs au statut de professeur stagiaire et non de contractuel, notamment à travers l’utilisation des listes complémentaires des concours.
  2. Un accroissement du nombre de places dans les lycées professionnels et les STS, pour permettre la poursuite ou la reprise de formation des jeunes dont le contrat d’apprentissage aura été rompu ou dont le projet d’insertion professionnelle est remis en cause par la situation économique dégradée.
  3. Les revalorisations envisagées concernent tous les personnels dès 2021. Les indemnités de toutes les missions assurées par les enseignants et les personnels au sein des écoles et des établissements (professeur principal, tuteur, formateur,  indemnités pour missions particulières) doivent être revalorisées.
  4. La promesse d’une loi de programmation pluriannuelle sur la période 2022-2026 soit  tenue et que le montant des enveloppes soit discuté avec les partenaires sociaux.
  5. L’introduction d’une prime d’équipement versée tous les 4 ans, permettant aux enseignants d’acquérir le matériel et les outils nécessaires à l’exercice de leurs missions.
  6. De relancer le dispositif « plus de maîtres que de classes » en réallouant une partie des moyens affectés aux classes dédoublées, ce qui permettrait de toucher un plus grand nombre d’écoles au bénéfice d’un plus grand nombre d’élèves (environ 6 fois plus) sur la base des avancées pédagogiques des années 2013-2017.
  7. Décaler de quelques jours la rentrée des élèves afin de libérer un temps dédié aux équipes éducatives pour disposer d’un espace de parole nécessaire à la préparation de la rentrée, à la préparation de l’arrivée des élèves et à la construction des parcours.
  8. Créer des pôles éducatifs pluridisciplinaires rassemblant RASED, CMP, CAMS, médecins scolaires, infirmières scolaires, orthophonistes, psychologues et psychométriciens qui auront comme mission d’accompagner et de résorber les difficultés scolaires apparues ou amplifiées par le confinement.

III. Après le covid-19, accélérer la transformation de l’école

Notre pays a connu un épisode épidémique inédit qui a inévitablement affecté les acteurs éducatifs, les personnels de l’Éducation nationale, les animateurs, les parents et les élèves eux-mêmes. Il serait vain de croire que nous puissions tourner la page sans en prendre toute la mesure et tirer les enseignements de cette crise.

Nous souhaitons apporter sa contribution à ce débat à travers une série de pistes de réflexion qu’il développera dans les prochains mois :

  • Faire le bilan de la séquence avec les acteurs éducatifs et prendre en compte le vécu des parents et des élèves.
  • Installer un protocole sanitaire partagé qui permette d’utiliser tous les locaux au sein des écoles et des établissements (salles spécialisées, gymnases…).
  • Former les personnels aux défis épidémiques et plus généralement aux nouveaux défis planétaire.
  • Renforcer le réseau de la médecine scolaire et développer l’accompagnement psychologique des élèves et des personnels pour mieux faire face au crises.
  • Accentuer la formation des enseignants aux outils numériques et construire des outils publics efficaces et solides pour ne pas dépendre d’acteurs privés et des géants du numérique et construire des ressources numériques adaptées pour tous les supports et notamment pour les smartphones.
  • Repenser la gouvernance de l’école.
  • Éviter l’illusion de l’enseignement « 100 % distanciel ».
  • L’individualisation des parcours mais sans rupture avec le « groupe classe ».
  • Élaborer des plans de continuité pédagogique à l’échelle des circonscriptions du premier degré et des établissements du second degré des plans pédagogiques.
  • Mettre en place à l’échelle locale des tiers-lieux qui permettent un accompagnement des familles et des élèves pour la continuité pédagogique en cas de fermeture des écoles et des établissements.
  • Accélérer les travaux dans les écoles et les établissements.

 


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