Sylvie
Tolmont


Députée de la Sarthe
4e circonscription


17 juillet 2020

Rentrée universitaire 2020 et précarité étudiante, j’interroge la Ministre de l’Enseignement supérieur

35 000 étudiants supplémentaires sont attendus pour la rentrée universitaire de septembre, un tel afflux nécessite des moyens humains et financiers immédiats pour faire face. Pour répondre à ces besoins, avec les députés de mon groupe, nous avions proposés la création d’un fonds d’investissement de 300 millions d’euros dans le cadre du troisième Projet de Loi de Finance Rectificatif (PLFR 3) afin d’investir dans les infrastructures et équipements nécessaires. Celui-ci a été refusé par le gouvernement.

C’est pourquoi, face à une telle urgence, j’ai interrogé la Ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation sur les moyens mis en œuvre à la rentrée. Lors de mon intervention j’ai également demandé la prolongation des bourses pour lutter contre la précarité des étudiants.

 

Texte de mon intervention :

Madame la Ministre de l’Enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation,

Hier, le Premier Ministre annonçait le repas à 1 euros pour les étudiants boursiers. Encore faudra-t-il pour y accéder pouvoir s’inscrire à l’Université.

En effet, comme vous l’exprimait Valérie Rabault hier ; à l’unisson des Présidents d’Université, nous sommes très inquiets quant aux possibilités d’accueillir dans des conditions sanitaires acceptables, les 35 000 étudiants supplémentaires attendus à la rentrée prochaine.

Face à cet afflux, et bien que les dispositifs « Oui-si » prévus par la loi ORE devraient être proposés à un plus grand nombre d’étudiants, les capacités d’accueil des établissements resteront limitées, sans compter les problématiques de locaux insuffisants et de ressources humaines disponibles.

Il y a un vrai risque à ce que ces étudiants ne puissent trouver d’offres de formation adaptées à leur projet individuel.

Vous proposez 1 600 euros aux universités pour chaque étudiant supplémentaire, quand le coût complet d’un an de scolarité s’établit entre 10 000 et 16 000 euros selon les filières.

C’est largement insuffisant.

Aider véritablement la jeunesse implique d’affecter immédiatement les moyens nécessaires pour cette rentrée 2020.

Estimés à 300 M€ par les présidents d’universités, nous vous les avons proposés dans notre plan de rebond et lors du PLFR-3. Vous les avez refusés.

Vouloir lutter réellement contre l’aggravation de la précarité des étudiants, c’est également prolonger les bourses d’un an et répondre à la situation des étudiants impactés par la perte de leurs revenus en raison de la crise. Nous vous appelons à une refonte des aides sociales afin de les adapter à la réalité de la vie étudiante.

Mme la Ministre, vous promettez dans la future LPPR des milliards d’euros à la recherche sur les 10 prochaines années, sans offrir les millions aujourd’hui demandés par l’enseignement universitaire.

Au-delà du gel des droits d’inscriptions dans le supérieur, quelles sont vos propositions pour répondre à cette urgence et permettre l’accueil de tous les étudiants dans le respect des règles sanitaires ?

 

Dans sa réponse, la ministre n’a malheureusement pas donné le sentiment de saisir la détresse des personnels de l’enseignement supérieur et des étudiants.

En effet, renouvelant les annonces déjà effectuées par le gouvernement (gel des droits d’inscription et repas à 1 € pour les étudiants boursiers), elle a également évoqué une aide aux régions sans en préciser les modalités et un accompagnement personnalisé de seulement 10 000 étudiants sur les 35 000 supplémentaires !

Rien quant au nombre de postes, rien concernant les infrastructures, cette réaction est très inquiétante et révélatrice de la suffisance dont fait preuve ce gouvernement.

 


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