Sylvie
Tolmont


Députée de la Sarthe
4e circonscription


10 septembre 2020

Rentrée et fermetures d’écoles suite au covid, j’interpelle le Ministre de l’Éducation nationale

Dans le cadre de la commission des Affaires culturelles et de l’Éducation j’ai interpellé le ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, sur la situation des écoles et les moyens mis en place pour pallier aux difficultés de cette rentrée, notamment pour l’enseignement professionnel, lequel concentre un taux de décrochage important.

La rentrée scolaire se déroule dans un contexte de plus en plus instable d’un point de vue sanitaire. Une semaine seulement après la reprise, 28 écoles et 262 classes sont déjà fermées. Face aux inquiétudes légitimes des parents et des enseignants, nous regrettons les décisions prises sans concertations et l’absence de mesures fortes !

Si tout n’est pas question de moyens, l’école a besoin de renforts exceptionnels pour relever les défis que lui impose la pandémie : personnels spécialisés, psychologues scolaires, effectifs réduits dans toutes les classes pour un travail en petits groupes.

C’est pourquoi, dans le cadre de la commission culturelle et de l’éducation, j’ai interpellé le ministre Jean-Michel Blanquer, sur la situation des écoles et les moyens mis en place pour pallier aux difficultés de cette rentrée, notamment pour l’enseignement professionnel, lequel concentre un taux de décrochage massif.

Lors de mon intervention, j’ai également réitéré la demande de mon groupe faite depuis avril portant sur la gratuité des masques pour les familles.

 

 

Texte de mon intervention : 

Monsieur le Ministre,

La rentrée scolaire que nous souhaitions la plus normale possible se déroule dans un contexte de plus en plus instable d’un point de vue sanitaire.

Une semaine après la reprise, 28 écoles et 262 classes sont déjà fermées.

Le protocole disponible établi en juillet à un moment où le risque de contamination déclinait n’a été que peu remanié depuis et semble peu adapté à la hausse des contaminations que nous connaissons. Nous réitérons donc notre demande faite depuis avril que les masque dont le coût ne sera pas compensé par la hausse de l’ARS soit fourni gratuitement aux familles comme c’est le cas en Grèce et l’Italie, il s’agit là d’une mesure de pouvoir d’achat et d’équité

Face aux légitimes inquiétudes des parents et des enseignants, nous regrettons les décisions prises sans concertation et l’absence de mesures fortes. Si tout n’est certes pas question de moyens, sans moyens, l’école ne pourra pas relever les défis que lui impose cette pandémie. Or, elle reste la grande oubliée du plan de relance.

En juin, le Parti socialiste a présenté 29 propositions très concrètes pour traiter de la difficulté scolaire. Je vous avais interrogé en séance en juillet pour connaitre les moyens financiers, humains et matériels débloqués pour compenser, à la rentrée, le décrochage scolaire dû au confinement.

Malheureusement, nous ne pouvons que constater que le Gouvernement ne prend visiblement pas la mesure des enjeux et nous sommes très inquiets des signaux qui remontent de tous les territoires.

L’accompagnement individualisé nécessaire pour la masse des élèves décrocheurs va se faire à moyen constant et sans les professeurs supplémentaires nécessaires pour répondre aux objectifs assignés à notre Ecole dans ce contexte.

Or, l’école a besoin de renforts exceptionnels, de personnels spécialisés comme les RASED, de différenciation pédagogique, de réduire les effectifs dans toutes les classes donc de plus de maîtres, davantage qu’un maintien idéologique d’évaluations standardisées largement remises en cause et anxiogène pour les élèves dans ce contexte de reprise.

Je souhaite particulièrement attirer votre attention sur la situation de l’enseignement professionnel qui concentre un taux de décrochage massif. Quelles mesures spécifiques allez-vous prendre pour cette filière qui recrute plus que les autres au sein des classes populaires ?

 

Pour répondre à mon intervention, Jean-Michel Blanquer a tout d’abord admis que les fermetures d’écoles et de classes étaient le corollaire normal de la politique menée par le gouvernement en la matière. Un argument fort peu rassurant.

Considérant, ensuite, que ce n’était pas à l’État de fournir gratuitement des masques à l’ensemble des élèves, il n’a fait que confirmer notre désaccord philosophique sur ce sujet.

Enfin, il a éludé ma question sur le décrochage dans l’enseignement professionnel en me rappelant la réforme déjà menée en 2018 sur ce sujet. La situation actuelle prouve, néanmoins, que l’efficacité de celle-ci reste à démontrer.

 

 

 


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