Sylvie
Tolmont


Députée de la Sarthe
4e circonscription


15 septembre 2020

Ma question au gouvernement sur la situation de l’entreprise adaptée EARTA

J’ai interpelé ce jour le gouvernement sur la situation de l’entreprise adaptée EARTA lors de la session des questions au gouvernement.

Engagée de la première heure aux côtés des salariés de l’entreprise adaptée EARTA, j’ai interpelé, ce jour, par le biais d’une question orale, le gouvernement sur le sort de cette entreprise.

J’ai dénoncé l’indifférence du gouvernement, lequel ferme les yeux sur cette décision incompréhensible et injuste, et ce, alors même qu’il a injecté 120 millions d’euros pour la restructuration de France Messagerie.

Alors que la problématique du handicap avait été élevée au rang de priorité de son quinquennat par la Président de la République, aucun des trois ministres que j’avais précédemment interpellé par courriers sur ce sujet n’ont daigné apporter de réponse, révélant, si besoin en était encore nécessaire, l’écart abyssal séparant les annonces et les actions de ce gouvernement.

La réponse approximative, défensive et particulièrement agressive de la Ministre manifeste de son embarras et de sa méconnaissance du dossier.

« Accompagner », « regarder de très près », « surveiller » : ce n’est pas là l’engagement que nous sommes en droit d’attendre du gouvernement pendant cette période de crise et, notamment, envers ceux de nos compatriotes qui ont le plus besoin d’être soutenus.

Je resterai aux côtés des salariés d’EARTA et de leur dirigeant, M. Didier RIO, qui se dit lui-même « heurté » par la réponse de la Ministre.

Le texte de mon intervention : 

Monsieur le Ministre de l’économie, des finances et de la relance,

Les salariés d’EARTA attendent vos explications. 

Comme vous le savez, l’activité de cette entreprise adaptée subit de plein fouet les conséquences du redressement judiciaire de Presstalis et de la liquidation de sa filiale, la SAD, auprès de laquelle EARTA assurait, en région Pays de la Loire, la reprise des invendus de la presse. 

Contre toute attente, alors que les discussions avec France Messagerie, cessionnaire de Presstalis, semblait en bonne voie pour conserver, a minima, l’activité actuelle d’EARTA, les salariés ont finalement appris que celle-ci devait être transférée à d’autres structures, et ce, sans aucune transparence sur les raisons de ce choix. 

Or, cette activité représentait plus d’un tiers de son chiffre d’affaires. Sa suppression remet donc directement en cause la pérennité de l’entreprise et le maintien de ces 250 emplois, 220 concernant des travailleurs en situation de handicap.

Cette décision est incompréhensible et injuste. 

Elle est incompréhensible en ce que ces salariés ont fait, depuis plusieurs années, la preuve de leur efficacité et que EARTA se proposait même récemment d’étendre son mandat. 

Cette décision est également injuste car elle impactera majoritairement des salariés porteurs de handicap alors que le marché de l’emploi sera sinistré par la crise. 

Comment le gouvernement, lequel a consenti 120 millions à France Messagerie pour son plan de restructuration, peut-il fermer les yeux sur cette décision, et ce, alors que la problématique du handicap avait été élevé au rang de priorité de son quinquennat par le Président de la République ?

Ni vous Monsieur le Ministre, ni Madame la Ministre la Culture, ni Madame la Secrétaire d’État chargée des personnes handicapées, n’avez daigné apporter de réponse à cette situation critique alors que je vous interpellais déjà par courriers le 31 juillet dernier. 

Aussi, je vous le demande, l’État a-t’il décidé d’abandonner 220 salariés en situation de handicap, compétents, efficaces et engagés ? 

Je vous remercie


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