Sylvie
Tolmont


Députée de la Sarthe
4e circonscription


24 septembre 2020

Une autre programmation pluriannuelle de la recherche était possible

À l’issue d’un examen express (3 jours) totalement inadéquat eu égard à l’importance du sujet, le projet de loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR) a été adopté en première lecture par l’Assemblée nationale avec seulement 48 voix pour et 20 contre.

Le texte reste néanmoins fortement décrié par la communauté scientifique qui dénonce une banalisation de la précarité des chercheurs ainsi qu’un renforcement du financement sur projets, en parfaite rupture avec la conception française de la recherche.

De plus, malgré la mobilisation de mon groupe parlementaire, aucune garantie n’a pu être apportée concernant les mesures qui cristallisaient les craintes des principaux concernés : la création de chaires de professeurs juniors et de « CDI de mission scientifique » qui n’ont de CDI que le nom.

Par ailleurs, la programmation budgétaire proposée par le gouvernement dans ce projet de loi trace une perspective qui ne permet ni de répondre aux enjeux actuels, ni d’atteindre l’objectif de 1% de PIB pour l’effort de la nation en faveur des établissements publics de recherche.

C’est en ce sens, et parce que nous sommes comptables vis-à-vis des générations futures, que mes collègues du groupe socialiste et moi-même avons pris l’initiative de construire un « contre-projet » intégrant une autre trajectoire budgétaire, crédible, documentée, étayée et qui permette réellement au budget de la recherche publique d’atteindre 1% du PIB en 2027.

Les deux précédentes lois de programmation pour la recherche ont eu une durée comprise entre 4 et 5 ans. Il n’y a rien qui justifie que la présente loi de programmation de la recherche soit sur une durée de 10 ans. 

Nous proposons donc de réduire la durée de la loi de programmation de 10 à 7 ans. Ainsi, la recherche pourrait bénéficier en 2027 de 9,2 milliards d’euros de plus qu’en 2020, contre 3,3 milliards d’€ de plus qu’en 2020 proposés par le Gouvernement dans son texte. 

En outre, en dégageant 1,315 milliard d’euros de crédits nouveaux par an, nous faisons 25 propositions pour la recherche, les chercheurs et les étudiants, notamment : 

  •  « rendre du temps de recherche » aux enseignants-chercheurs en diminuant de 25% leur nombre annuel d’heures d’enseignement, de 128 heures à 96 heures de cours et de 192 heures de travaux dirigés à 144 heures. 
  • créer 2000 postes de maîtres de conférence et 1000 postes de professeurs des universités, chaque année de 2021 à 2025, pour un coût annuel de 170 millions d’euros. 
  • revaloriser les salaires des chercheurs et enseignants-chercheurs, à l’embauche et au cours de la carrière. A fin 2025, celle-ci représenterait 700 euros de plus par mois en moyenne. 
  • garantir à chaque doctorant une rémunération de 1,5 SMIC. Aujourd’hui, un quart des doctorants ne dispose pas d’un financement décent pour réaliser leur thèse, voire d’aucun financement.

Ce projet fixe un cap et porte également plusieurs priorités pour la recherche :

  • Repositionner la France et l’Europe sur des programmes de recherche fondamentale ; 
  • Aider à l’internationalisation des sciences humaines et sociales ;
  • Protéger la recherche française en organisant des filières de valorisation des inventions ; 
  • Rapprocher la science de la société. 

Nous remercions tous les chercheurs et chercheuses, enseignants et enseignantes, personnels de recherche que nous avons rencontrés et qui nous ont éclairés à la fois sur l’état de la situation actuelle et sur leurs attentes pour le futur.

Surtout, ils nous ont fait part de leur enthousiasme quant au sérieux de ce contre-projet que vous pouvez retrouver, ci-dessous, dans son intégralité.

Un vrai projet pour la recherche


Partager sur Twitter Partager sur facebook