Sylvie
Tolmont


Députée de la Sarthe
4e circonscription


08 octobre 2020

J’ai voté contre le retour des pesticides néonicotinoïdes

Sous le quinquennat précédent, la loi du 8 août 2016 pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages avait conduit à l’interdiction progressive de l’utilisation des pesticides néonicotinoïdes.

Contribuant à la disparition de 80% des populations d’insectes et d’un tiers des oiseaux des champs dans notre pays, l’utilisation de ces produits rentre directement en contradiction avec la Charte de l’Environnement, laquelle dispose d’une valeur constitutionnelle.

Aujourd’hui, la filière de la betterave fait face à une crise importante due aux attaques massives de pucerons verts, vecteurs d’une jaunisse virale qui conduit à l’effondrement des rendements.

C’est pourquoi, le gouvernement a soumis un projet de loi visant à déroger à l’interdiction de l’usage de ces insecticides, et ce, jusqu’au 1er juillet 2023.

J’ai voté contre ce projet de loi qui constitue, à mon sens, une grave régression sanitaire, sociale et environnementale.
Cette dérogation n’est ni plus ni moins qu’un renoncement vis-à-vis de notre biodiversité et freinera durablement le développement de produits de substitution et de méthodes alternatives.

Par ce projet de loi, le gouvernement fait le choix de la facilité et n’apporte aucune réponse de fond sur le soutien attendu de la filière betterave face à la libéralisation du marché mondial du sucre.

Aussi, avec mon groupe parlementaire, j’ai soutenu un « Plan B comme betterave » que vous pourrez consulter à travers le lien suivant : https://lessocialistes.fr/wp-content/uploads/2020/10/Plan-Betterave_VF.pdf

Par celui-ci, nous plaidons pour une voie conciliant économie et écologie : un processus permettant à la fois de garantir la juste reconnaissance de la dignité de l’ensemble des travailleurs de la terre, de contribuer positivement à notre sécurité alimentaire et de protéger une biodiversité qui constitue notre assurance-vie collective.

 

Ce plan s’articule autour de trois axes : l’innovation commerciale ; l’innovation économique et sociale et l’innovation agroécologique.

Nous proposons, en ce sens, de fixer un horizon pour le sucre français cohérent avec celui déterminé par la loi EGALIM pour la restauration collective, soit 50% de produits issus de mentions valorisantes, dont 20% en agriculture biologique (AB), d’ici 2030.

Nous proposons, ensuite, l’instauration d’un pacte de solidarité visant à compenser les pertes et à assurer un revenu décent pour toutes les parties prenantes ainsi que d’engager les transitions attendues.

Nous proposons, enfin, la poursuite de l’innovation agroécologique, associant 7 techniques porteuses, telles que le criblage génétique, l’écologie chimique ou encore la création d’une mosaïque paysagère.

Au-delà de la seule filière betteravière, il est plus que jamais urgent de mettre véritablement en œuvre le plan Ecophyto 2 dont la version initiale n’a cessé d’être affaiblie par le gouvernement actuel.

 

Malheureusement, le gouvernement est resté sourd à nos arguments et a préféré se dispenser de l’effort de penser aux causes et aux solutions des grands enjeux de notre temps.


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