Sylvie
Tolmont


Députée de la Sarthe
4e circonscription


29 octobre 2020

Déclaration du gouvernement sur la crise sanitaire : un OUI de responsabilité mais aussi de colère

Dans la foulée de l’allocution présidentielle annonçant un nouveau confinement pour notre pays, le gouvernement a soumis, au débat puis au vote de l’Assemblée nationale, une déclaration relative à l’évolution de la situation sanitaire et aux mesures nécessaires pour y répondre.

Ce débat est tardif et avait été sollicité par les deux groupes socialistes et apparentés de l’Assemblée nationale et du Sénat, les 10 septembre puis les 15 octobre derniers, car nous constations déjà l’augmentation des données et l’inéluctable mise sous tension de nos établissements hospitaliers. Le Premier Ministre, alors « Monsieur déconfinement », avait répondu le 19 octobre qu’un tel débat ne « semblait pas indispensable ».

Il aura fallu atteindre l’hospitalisation en réanimation de 3.045 personnes (soit la moitié des lits disponibles sur notre territoire national) pour que le gouvernement réagisse enfin, qu’il considère ce débat comme indispensable et accepte de prendre en considération la protection de nos concitoyens, leur sécurité sanitaire, leur liberté mais aussi la situation économique et sociale de notre pays.

Alors, face à l’inévitable, nous votons un oui de responsabilité car notre priorité absolue est de préserver la santé de nos concitoyens.

Cet esprit de responsabilité, nous l’avons toujours assumé et, malgré ce qui peut parfois être entendu, nous avons toujours été force de propositions.

Nous avons adressé au gouvernement plus d’une centaine de courriers ; nous avons soutenu, et ce pendant la période de confinement, 7 propositions de loi ; nous avons défendu de nombreux amendements pour compléter les projets de loi présentés par le gouvernement ; nous avons soumis une proposition de résolution « visant à fixer les conditions pour réussir le déconfinement » ; nous avons soutenu, enfin, un plan de rebond pour répondre à l’urgence économique, sociale et écologique.

Il s’agit également d’un oui de colère car le péril, nous le savons, est grand mais était toutefois prévisible.

Il est malhonnête de défendre aujourd’hui que le gouvernement a été surpris par l’accélération soudaine du virus alors que les chiffres augmentaient partout sur le territoire. Cette attitude attentiste relève soit de l’incompétence, soit de la négligence.

Aucune leçon ne semble avoir été apprise par le gouvernement de la première vague et, notamment, quant à la nécessité de renforcer notre système de santé. Le nombre de places en réanimation n’a quasiment pas bougé depuis mars dernier et l’hôpital public est encore plus fragilisé, son personnel exténué.

Colère contre le gouvernement qui impose le port du masque sans le distribuer gratuitement. Ce budget de 300 millions d’euros par mois est dérisoire comparativement aux 15 milliards que nous coûte un mois de confinement.

Ce oui de colère, c’est aussi celui de ces millions de Français : étudiants, entrepreneurs, indépendants, salariés, qui vont de nouveau être renvoyés dans l’angoisse, l’isolement et la solitude de leur foyer. C’est aussi celui de ceux qui vont devoir continuer de travailler la peur au ventre pour que le pays tienne : les enseignants, les agriculteurs, les éboueurs, les postiers, les caissiers les aides à domicile, les soignants…

Je pense à ce million de nos compatriotes qui va sombrer sous le seuil de pauvreté et rejoindre les 9,3 millions y vivant déjà. Je suis submergée par la colère et la honte lorsque ce gouvernement prévoit, dans le projet de loi de finances pour 2021, de baiser de 11% le budget de l’aide alimentaire.

Je pense à l’ensemble de ces jeunes diplômés qui se trouvent sans débouché professionnel dans ce marché du travail sinistré par la crise qui n’auront ni chômage, ni RSA, ni même l’aide à la recherche du premier emploi et pour lesquels le gouvernement ne propose aucune aide substantielle.

Colère pour le monde de la culture, colère pour le monde sportif et associatif.

Nous espérons que le gouvernement prendra ses responsabilités pour que ce confinement et le déconfinement qui suivra fonctionnent, qu’il entende la colère des français dont on prive une nouvelle fois la liberté.


Partager sur Twitter Partager sur facebook