Sylvie
Tolmont


Députée de la Sarthe
4e circonscription


26 janvier 2021

Mon opposition à la réforme de l’éducation prioritaire

Suite à ma question posée à Madame la Secrétaire d’État chargée de l’Éducation prioritaire, dans le cadre de la commission des affaires culturelles et de l’éducation de mercredi dernier, j’ai de nouveau fait part ce jour, par le biais d’une question orale sans débat, de mon opposition à la réforme de l’éducation prioritaire.

Celle-ci rendra aléatoire l’attribution des moyens nécessaires aux établissements REP et conduira à une mise en concurrence délétère entre les territoires et les établissements.

Elle risque également de faire la part belle aux établissements d’enseignement privé qui pourront, selon toute vraisemblance, capter les ressources dévolues à ces établissements relevant de l’éducation prioritaire.

Vous trouverez, ci-dessous, la vidéo ainsi que le texte de mon intervention.

 

Textes de ma question :

Madame la Secrétaire d’État

Depuis quarante ans, l’éducation prioritaire permet de donner « plus à ceux qui ont le moins », c’est-à-dire d’accorder des moyens supplémentaires pour aider les établissements scolaires situés dans des zones socialement défavorisées.

Cette politique, visant à garantir la pleine unité du service public de l’éducation, est d’autant plus cruciale, aujourd’hui, dans le contexte de crise sanitaire que nous connaissons, lequel a substantiellement accentué les inégalités sociales et scolaires.

Or, sous couvert d’expérimentations dans trois académies, ceci sans concertation préalable, c’est bien la suppression des REP qui est visée.

Vous nous dites qu’il s’agit uniquement d’une « voie parallèle » qui n’entamerait en rien le caractère national de cette politique, que l’idée n’est pas de modifier la carte de l’éducation prioritaire mais d’en élargir le champ.

Toutefois, aucune garantie ne semble corroborer vos propos. Nous ignorons toujours les critères de cette voie parallèle. S’agissant du financement, vous nous déclarez, après avoir dit le contraire, qu’un financement spécifique serait dégagé mais nous n’en avons aucune visibilité à ce stade !

Si, certes, le bilan de la politique de l’éducation prioritaire n’est pas à la hauteur de nos espérances, elle ne mérite toutefois pas le sort que vous lui réservez.

En effet, vous défendez un système de contrats passés entre les rectorats et les établissements en difficulté, ce qui rendra aléatoire l’attribution des moyens et engendrera un risque de mise en concurrence entre territoires et établissements.

En d’autres termes, vous participez sciemment à la dissolution des dimensions proprement prioritaire et sociale de cette politique.

De plus, l’atteinte au service public de l’éducation sera également renforcée par ce boulevard tracé au profit de l’enseignement privé qui pourra capter les moyens supplémentaires propres à l’éducation prioritaire. 

Face à un tel renoncement, je ne peux qu’exprimer ma totale opposition et ma profonde inquiétude.

En conséquence, je vous demande de m’indiquer les garanties que vous pouvez apporter pour que les ressources supplémentaires, gages de réussite de toute éducation prioritaire, soient préservées.


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