Sylvie
Tolmont


Députée de la Sarthe
4e circonscription


22 mars 2021

Jeunesse : un plan d’urgence national est absolument vital !

Je suis intervenue, dans le cadre d’un débat sur l’impact de la crise sanitaire sur la jeunesse, pour demander la mise en place d’un plan d’urgence national en faveur de la jeunesse.

 

Première victime de la crise sanitaire, économique et sociale que nous traversons, la jeunesse, en souffrance et sans perspectives, se désespère.

Le récent rapport de la commission d’enquête pour mesurer et prévenir les effets de la Covid-19 sur les enfants et la jeunesse dont j’étais membre a mis en exergue ces impacts néfastes sur les conditions de vie ou d’apprentissage de nos jeunes.

Dans la Sarthe, par exemple, plus de la moitié des bénéficiaires de l’aide alimentaire distribuée par les Restos du Coeur ont moins de 25 ans.

Les réponses disparates, tardives, restrictives et mal calibrées du Gouvernement sont inefficaces pour répondre à la massification de la précarité des jeunes.

Un plan d’urgence national en faveur de la jeunesse est vital.

 


Texte de mon intervention :

« Monsieur le Président,

Madame la Ministre

chers collègues,

Il était dur d’avoir 20 ans en 2020, pour reprendre les propos du Président de la République, il en est malheureusement de même en 2021.

En effet, alors que cette crise plonge dans la pauvreté un million de Français supplémentaires, lesquels viendront s’ajouter aux plus de 9 millions de personnes vivant déjà sous le seuil de pauvreté, c’est bien notre jeunesse, privée de perspectives, qui en est et en sera la principale victime.

Le récent rapport de la commission d’enquête pour mesurer et prévenir les effets de la crise de la covid-19 sur les enfants et la jeunesse, commission dont j’étais membre, a mis en lumière ces impacts néfastes que ce soit sur les conditions de vie ou sur les conditions d’apprentissage de nos jeunes.

La presse et les médias se sont également fait l’écho de cette souffrance en montrant les images terribles de ces jeunes en pleine détresse, faisant la queue pour obtenir de quoi se nourrir. En Sarthe, plus de la moitié des bénéficiaires de l’aide alimentaire distribuée par les Restos du Cœur ont aujourd’hui moins de 25 ans.

Le temps presse et notre jeunesse se désespère comme le révèle un sondage IPSOS publié en janvier dernier, dont je vous livre certaines des conclusions :

  • 2 jeunes sur 3 estiment que la crise actuelle liée à la Covid-19 va avoir des conséquences négatives sur leur propre santé mentale ;
  • 40% des jeunes de moins de 25 ans rapportent un trouble anxieux généralisé ;
  • Un peu plus d’1 jeune sur 5 de moins de 25 ans rapporte des symptômes de troubles dépressifs modérément sévères ou sévères ;
  • Presque 3 jeunes sur 10 ont pensé qu’il vaudrait mieux qu’ils soient morts ou ont songé à se blesser…

Cette situation est insupportable et je pense pouvoir dire sans me tromper que nous éprouvons tous ici un grave sentiment de responsabilité envers cette génération, à laquelle nous léguons déjà de lourds fardeaux et de nombreuses dettes.

À cette génération, qui perd ses plus belles années et dont l’avenir se ternit de jour en jour, nous ne pouvons opposer un froid silence.

En réponse à cette catastrophe, le Gouvernement a préféré multiplier les opérations de communication sur les réseaux sociaux ou encore organiser des simulacres de débats, sans enjeux ni contradiction, avec des influencers, lesquels ne représentent pas toute notre jeunesse, loin s’en faut.

Sur le fond, des mesures ont certes été prises, mais celles-ci ont été disparates, tardives, restrictives, mal-calibrées et, au final, largement inefficaces pour répondre à l’urgence de la situation.

Alors que notre groupe, et ce à la suite de la commission d’enquête, des associations de lutte contre la pauvreté et des organisations syndicales, l’implorait et appelait à l’ouverture du RSA aux 18-25 ans, le gouvernement a balayé d’un revers de main cette mesure, soutenant qu’elle aurait un effet dissuasif sur l’insertion professionnelle des jeunes.

Au lieu de cela, il a préféré généraliser le principe de l’accompagnement rémunéré de la Garantie Jeunes, que nous avions mis en place sous le quinquennat de François Hollande, dispositif qui s’est effectivement révélé performant mais qui paraît incapable, à lui seul, de répondre au problème structurel de massification de la précarité des jeunes.

L’aide à l’insertion sur le marché du travail est une bonne chose mais cette politique ne tient que dans un contexte de relance économique, d’ouvertures des commerces et de création de postes, ce qui n’est pas encore envisageable en l’état actuel de la pandémie. Elle n’est d’autre part pas adaptée à la situation des étudiants.

C’est pourquoi mes collègues Boris VALLAUD et Hervé SAULIGNAC ont défendu, au nom de notre groupe, la mise en place d’un « Minimum Jeunesse », dispositif visant à ouvrir un revenu de base à 18 ans, de façon automatique et inconditionnelle, ainsi qu’une dotation pour la conduite d’un projet de formation, d’entrepreneuriat ou lié à la mobilité.

Même circonscrite à la seule période de crise sanitaire, cette avancée a néanmoins été rejetée, mettant ainsi à mal nos idéaux de justice, de solidarité et nos espoirs d’émancipation pour notre jeunesse.

En effet, si certains d’entre eux peuvent compter sur le soutien matériel de leurs parents, d’autres, non moins méritant, au contraire, sont pourtant aujourd’hui laissés à la dérive, trahissant ainsi l’idée que se fait concrètement ce gouvernement de l’égalité des chances, de l’ascenseur social, et du mérite républicain.

C’est pour toutes ces raisons, et en faveur d’une Nation qui reconnaît en chacun de ses jeunes le même droit à l’épanouissement personnel et professionnel, que nous appelons aujourd’hui de nos vœux à un plan d’urgence national en faveur de la jeunesse. »


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