Sylvie
Tolmont


Députée de la Sarthe
4e circonscription


06 avril 2021

Fin de vie libre et choisie : donner aux Français cette ultime liberté

Cosignataire de la proposition de loi donnant le droit à une fin de vie libre et choisie portée par mon collègue Olivier Falorni, je voterai évidemment pour ce texte examiné le 8 avril prochain.

Concrètement, cette proposition de loi prévoit, en son article 1er, que « toute personne capable majeure, en phase avancée ou terminale d’une affection grave et incurable, quelle qu’en soit la cause, lui infligeant une souffrance physique ou psychique qui ne peut être apaisée ou qu’elle juge insupportable, peut demander à disposer, dans les conditions prévues au présent titre, d’une assistance médicalisée permettant, par une aide active, une mort rapide et sans douleur. »

Les autres dispositions du texte apportent les garanties nécessaires quant au consentement des malades, affirment la liberté de conscience des médecins et encadrent la pratique de l’assistance médicalisée d’une part, et la place des familles d’autre part.

Cette proposition de loi s’inscrit dans la continuité du combat déjà ancien pour le droit à mourir dans la dignité, et ne s’oppose pas aux dispositions de la loi Clayes-Léonetti que j’avais soutenue en 2016, tant il n’y a pas à opposer soins palliatifs et aide active à mourir.

Les principes et valeurs qui militaient pour l’adoption des dispositions antérieures, au titre desquels l’autonomie de la volonté, la libre disposition de son corps ou encore la dignité de la personne humaine, demeurent.

Cette dignité, reconnue pendant toute la vie d’une personne, devrait-elle subitement être déniée lors de sa fin et alors qu’elle est le plus vulnérable ?

Je réponds pour ma part qu’un malade en fin de vie doit avoir le choix et que de ce fait, il est indispensable que notre droit consacre et garantisse cette « ultime liberté ».

Nous le savons, chaque année, de très nombreuses personnes atteintes d’une maladie incurable, endurant un véritable calvaire, sont conduites à devoir s’exiler pour pouvoir mourir à l’étranger, loin de leurs proches.

Bien sûr, l’existence d’exemples étrangers n’est pas un argument justifiant, à lui seul, de modifier notre législation. Pour autant, il nous éclaire sur la réalité et l’ampleur du phénomène qu’il nous appartient, en tant que législateur, et de Nation, de régir.

Il nous permet également d’établir que, contrairement à ce qui est souvent soulevé par les opposants à une telle reconnaissance d’un droit à l’euthanasie active, les expériences étrangères ne nous ont pas permis d’observer les dérives alléguées.

Nous ne voulons pas, pour nos familles, nos proches, ou nous-même, endurer des souffrances insupportables alors qu’une solution plus paisible est possible et faisant l’objet d’un consentement libre, éclairé, expressément exprimé ainsi qu’un ensemble de garanties l’encadrant.

Au même titre que tout droit-créance, c’est-à-dire la prétention légitime à obtenir de l’État qu’il agisse positivement pour assurer l’exercice d’une liberté, le droit à l’euthanasie active n’enlèverait rien à ceux qui ne souhaiteraient pas s’en prévaloir ou qui refuseraient de la pratiquer, par conviction, mais offre cette possibilité à ceux, et uniquement à ceux, qui l’estiment, en leur âme et conscience, nécessaire.

Si la liberté de conscience est reconnue en France, et je respecte toutes les convictions sur ce sujet, cette liberté ne me semble pas mobilisable contre une demande légitime, largement partagée dans notre pays et respectueuse de nos valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité.

Enfin, je regrette l’opération funeste d’obstruction menée par une poignée de députés, laquelle risque d’empêcher de mener la discussion à son terme compte-tenu du temps de discussion imparti.

Avec 271 collègues, je cosigne d’ailleurs une tribune pour dénoncer ce travail de sape de l’initiative parlementaire et appeler à ce que ni le débat, ni le vote ne soient empêchés.


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