Sylvie
Tolmont


Députée de la Sarthe
4e circonscription


16 juin 2021

Fermeture inacceptable de deux classes au collège Kennedy à Allonnes : j’interpelle Monsieur BLANQUER

J’étais présente, ce mardi 15 juin 2021, à l’occasion de la grève organisée par les enseignants et personnel éducatifs du collège John-Kennedy à Allonnes.

En effet, ceux-ci se mobilisent afin de protester contre les fermetures annoncées d’une classe de 3ème et d’une classe de 5ème, prévues pour la rentrée prochaine. Ces fermetures, inacceptables, vont occasionner de graves conséquences pour les collégiens et risquent de mener à une dégradation de la qualité de l’enseignement.

Pour le niveau de 3ème d’abord, le nombre de 26 élèves par classe va être dépassé du fait de la fermeture d’une division et de la redistribution des élèves dans les classes restantes. Cela est inadmissible pour un établissement classé REP (Réseau d’Education Prioritaire), dispositif de l’Education nationale qui permet de combattre les inégalités scolaires dans les territoires où persistent les difficultés économiques et sociales. Pour ce faire, ces établissements sont censés pouvoir disposer de plus petites classes, composées de moins d’élèves – 25 maximum -, afin de garantir de meilleures conditions d’enseignement.

Concernant les élèves de 5ème, la perte d’une classe pourrait s’expliquer par la baisse des effectifs, bien en-dessous des seuils, du fait du départ de plusieurs familles qui ont décidé d’inscrire leur enfant dans des établissements privés. Cependant, cette baisse des effectifs est en fait révélatrice de la gestion catastrophique des remplacements d’enseignants par les services académiques. En effet, si ces différentes familles ont décidé de partir dans le privé, c’est parce que, dans le public, les professeurs ne sont pas remplacés en cas d’absence, et ce sur de longues durées, du fait du manque de moyens.

Au lieu de fermer une division, l’opportunité aurait dû être saisie :  mettre la priorité sur les élèves issus du REP, qui ont vécu leurs années de CM2 et 6ème amputées par les confinements successifs, en leur permettant de bénéficier de classes avec effectifs réduits.

Ces fermetures sont d’autant plus contestables que de multiples demandes de dérogation d’élèves avaient été formulées pour intégrer la section sportive natation du collège. Les refus opposés par l’inspection académique vis-à-vis de ces demandes compromettent les efforts qui ont été consentis pour assurer l’attractivité de cet établissement et qui avaient conduit à l’attribution du label « section d’excellence » au pôle natation. Ces refus remettent également en cause l’argument de la baisse des effectifs et nuit au besoin de mixité qui permet la réussite des élèves du collège Kennedy.

A présent, les enseignants et personnels éducatifs mobilisés demandent l’organisation d’une rencontre avec la DASEN (Directrice Académique des services de l’Education nationale) afin de discuter des solutions possibles.

Cette situation est parfaitement injuste et préjudiciable pour les élèves du collège Kennedy, car ces fermetures de classe affecteront le bon déroulement de leur scolarité. Les inégalités scolaires, déjà creusées du fait de la crise sanitaire, risquent d’augmenter compte tenu de la réaffectation des élèves dans les classes restantes.

Pleinement engagée à leurs côtés, je souhaite que les classes actuelles puissent être maintenues et que les effectifs soient réduits dans chaque classe. Il serait de plus bénéfique pour le collège Kennedy, qui accueille des élèves de classes ULIS en situation d’handicap, de pouvoir avoir des effectifs réduits dans chacune des divisions.

J’ai ainsi interpellé le Ministre Jean-Michel BLANQUER, avec en copie la Direction Académique, afin de porter à sa connaissance la situation de ce collège et ces fermetures de classes inacceptables.

La situation du collège Kennedy n’est malheureusement pas isolée mais est représentative des conséquences d’une politique que je dénonce. Les prévisions de rentrée avec la suppression de 1 883 postes ETP dans le secondaire sont particulièrement inquiétantes, et ne permettent pas de garantir des conditions d’enseignement et d’apprentissage satisfaisantes.

En outre, la Réforme de l’Education Prioritaire, qui prévoit de supprimer le label REP, n’augure rien de bon, d’autant que le collège Kennedy sera affecté, Allonnes faisant partie des communes concernées par la Réforme à titre expérimental.

Ainsi, un recrutement massif de professeur.es s’avère nécessaire afin de permettre la continuité pédagogique dans les établissements du service public. Par ailleurs, les professeurs attendent toujours la revalorisation de 700 millions d’euros, annoncée à l’issue du Grenelle de l’Education.


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