Sylvie
Tolmont


Députée de la Sarthe
4e circonscription


07 janvier 2022

Lutte contre la sédentarité : de l’importance du sport et de l’école en matière de prévention en santé

À l’occasion d’un débat relatif à la prévention en santé publique, je suis intervenue à la tribune de l’hémicycle pour évoquer le fléau de la sédentarité, l’importance de l’activité physique et sportive comme levier pour endiguer les dégâts auxquels elle conduit, et la place cruciale que doit occuper l’école de la République concernant la prévention.

J’ai également profité de mon intervention pour dénoncer les manquements du Gouvernement en la matière, lequel ne souhaite manifestement pas y associer les financements nécessaires.

En effet, à l’occasion de la dernière loi de finances, seulement 0,32 % du budget de la Nation a été consacré au développement du sport, très loin de l’objectif de 1% et des 3 milliards nécessaires dans la perspective des JO de Paris.

Face à la sédentarisation des modes de vie, laquelle est aggravée par la crise sanitaire, et à la surexposition aux écrans des plus jeunes, il est plus que nécessaire d’agir avec volontarisme.

  • Inscrire l’activité physique et sportive dans les cursus scolaires avec la mise en place d’un véritable suivi de la santé des élèves.
  • Utiliser les JO de Paris 2024 comme tremplin pour favoriser un développement ambitieux de l’activité physique et sportive au coeur de notre quotidien
  • Augmenter le temps dédié au sport dans les établissements scolaires
  • Donner aux personnels de santé scolaire les moyens et outils nécessaires pour suivre la santé des élèves
  • Ouvrir la prescription d’activités physiques et sportives supplémentaire aux médecins scolaires

Autant de préconisations auxquelles je souscris pleinement et que vous pouvez retrouver dans leur intégralité en cliquant >>> ici.

Script de mon intervention :

« Monsieur le Président,

Monsieur le Ministre,

Madame et Monsieur les Rapporteurs,

Mes Cher(e)s collègues,

Je tiens, en premier lieu, à remercier nos deux collègues Marie Tamarelle-Veraeghe et Régis Juanico, lesquels ont effectué l’an dernier un travail aussi passionnant que nécessaire sur l’évaluation des politiques de prévention en santé publique, sujet qui nous intéresse aujourd’hui.

Nous le savons toutes et tous, la prévention en santé publique recouvre un très large spectre de thématiques : la lutte contre les inégalités de destin – que celles-ci soient sociales ou territoriales ; le développement de l’activité physique et sportive ; les apprentissages autour du numérique ; l’éducation alimentaire ou encore la lutte contre la dépendance et les maladies chroniques.

Autant de sujets qui mériteraient, pour chacun d’entre eux, de longs développements tant ils sont importants et concernent l’ensemble de nos concitoyens au cours de leur vie.

Je m’attacherai pour ma part, dans le temps qui m’est imparti, à évoquer le sujet majeur de la sédentarité, les dégâts auxquels elle conduit, et la place cruciale que l’école de la République doit occuper en matière de prévention.

J’insisterai particulièrement sur l’activité physique et sportive, principal levier de l’action publique et grande absente de la politique du Gouvernement.

En effet, au-delà du puissant outil de socialisation et de réduction des inégalités que nous connaissons, les bienfaits de la pratique sportive en matière de santé physique et mentale ne sont plus à prouver. Ils sont considérables et avérés comme de nombreuses études en attestent.

Selon le rapport de nos collègues, 54% des hommes et 44% des femmes de 18 à 74 ans sont considérés comme en surpoids ou obèse. Si ce chiffre tombe à 17% des enfants âgés de 6 à 17 ans, le constat reste alarmant et doit nous questionner.

Je pense aussi à un phénomène auquel la plupart d’entre nous a déjà été confronté : celui de la surexposition aux écrans.

Alors que la durée moyenne d’exposition annuelle aux écrans des 3-10 ans est de 728 heures, il existe une systématisation de l’exposition précoce aux écrans dont les conséquences sur le long terme en matière de santé seront sans aucun doute importantes.

Elles sont d’ailleurs déjà présentes. En effet, 66% des 11-17 ans présentent déjà un risque sanitaire préoccupant.

C’est d’ailleurs pour lutter contre ses nombreux effets pervers que le groupe socialistes et apparentés avait notamment déposé, à l’occasion du 1er projet de loi audiovisuel de cette législature, plusieurs amendements visant à réduire l’exposition des enfants aux communications commerciales promouvant des produits alimentaires trop riches en sucre, sel et/ou matières grasses.

Face à la sédentarisation des modes de vie et à la surexposition aux écrans, il est plus que nécessaire d’agir avec volontarisme. Depuis 5 ans, Monsieur le Ministre, nous pouvons nous interroger sur les mesures que vous avez engagées avec votre majorité pour s’attaquer à ces deux phénomènes, aggravés par la crise sanitaire ?

À cet égard, comme le souligne le rapport de nos collèges, il est urgent d’agir en inscrivant résolument l’activité physique dans les cursus scolaires, en mettant en place un véritable suivi de la santé des élèves et en privilégiant des initiatives novatrices en matière de développement de l’activité physique.

In fine, le sport est générateur de bien-être et, à maintenant deux ans des Jeux Olympiques et Paralympiques, et alors que cette dynamique doit favoriser un développement ambitieux de l’activité physique et sportive au cœur de notre quotidien, les propositions de la majorité ne sont pas à la hauteur.

Lors des débats sur le budget « Sport, Jeunesse et vie associative », la majorité a montré son absence totale d’ambition en matière sportive : avec 987 millions d’euros et 0,32% du budget de la Nation, nous sommes très loin de l’objectif de 1% et des 3 milliards nécessaires dans la perspective des JO de Paris.

Monsieur le Ministre, quand comptez-vous passer des bonnes intentions aux actes ? Il n’est pas sérieux de promouvoir une politique ambitieuse de développement de l’activité physique sans y associer les financements nécessaires.

Enfin, puisque les actions de prévention sont d’autant plus efficaces lorsqu’elles interviennent tôt dans la vie, je souhaite insister sur la place essentielle que doivent prendre nos établissements scolaires en matière de prévention primaire.

Alors qu’il y a urgence à développer la pratique du sport-santé dès le plus jeune âge, le temps dédié au sport dans les établissements scolaires (3h dans le 1er degré / entre 2h & dans le 2nd) est plus qu’insuffisant. 

Les étudiants, quant à eux, souvent contraints de financer leurs études en exerçant une activité salariée subissent la sédentarité.

Pour terminer sur ce sujet, il me parait absolument nécessaire d’évoquer les difficultés rencontrées par la médecine scolaire, lesquelles sont récurrentes du fait de moyens humains et financiers insuffisants et inadaptés.

Monsieur le ministre, quelles décisions comptez-vous prendre pour que la médecine scolaire parvienne à tenir le rôle déterminant qu’elle doit jouer en matière de prévention primaire ? Et quels moyens allez-vous mettre en place plus largement afin de favoriser l’activité physique chez nos jeunes, problème encore plus criant en ce temps de crise sanitaire incitant davantage à la sédentarité ?

Je vous remercie. »


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